Le raï retrouve l’un de ses territoires historiques. Pendant quatre jours, Sidi Bel-Abbès accueillera des artistes confirmés et de jeunes chanteurs pour une édition placée sous le signe de la mémoire et de la transmission.
La manifestation doit débuter lundi 31 août, selon la direction de la Culture et des Arts. Les organisateurs annoncent des soirées musicales, mais aussi des rencontres consacrées au parcours historique et aux transformations artistiques du raï.
Cheikha Rimitti au cœur de l’édition
L’hommage principal sera rendu à Cheikha Rimitti, de son vrai nom Saadia Bediaf. Née en 1923 à Tessala, dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, la chanteuse est décédée en 2006 à Paris. Cette quinzième édition coïncide ainsi avec le vingtième anniversaire de sa disparition.
Son parcours occupe une place particulière dans l’histoire de la musique populaire algérienne. Avec une écriture directe et une interprétation portée par les sonorités du raï traditionnel, elle a chanté les difficultés sociales, l’amour et la vie quotidienne. Sa carrière, poursuivie jusqu’à sa mort, a contribué à faire connaître ce répertoire auprès de plusieurs générations et au-delà des frontières algériennes.
L’hommage annoncé entend revenir sur cette trajectoire artistique et rappeler le rôle des cheikhates dans la formation du raï. Il met aussi en lumière l’apport des voix féminines à un genre longtemps transmis dans les fêtes, les mariages et les espaces populaires de l’Ouest algérien.
Des artistes confirmés aux côtés des jeunes
Le programme prévoit plusieurs concerts réunissant des figures établies et de jeunes interprètes. Cette association doit permettre de confronter les différentes générations et les multiples formes du raï, de ses expressions traditionnelles aux productions plus contemporaines.
À l’approche de l’ouverture, la liste détaillée des artistes, les horaires et les lieux des différentes soirées n’ont toutefois pas été entièrement précisés dans les annonces publiques. Les organisateurs confirment néanmoins la volonté d’accorder une place aux nouveaux talents, aux côtés de chanteurs déjà connus du public.
Ce choix donne au festival une fonction de transmission. Pour les jeunes artistes, la scène de Sidi Bel-Abbès constitue une occasion de se produire dans un rendez-vous national et de rencontrer des musiciens disposant d’une expérience plus longue.
Le festival veut raconter l’histoire du raï
Les concerts seront accompagnés de rencontres autour de l’évolution historique et artistique du genre. Ce volet doit replacer le raï dans son contexte social et culturel, tout en retraçant les transformations qui lui ont permis de passer d’une expression populaire régionale à une musique diffusée internationalement.
Né dans l’Ouest algérien, le raï aborde notamment l’amour, la liberté, le désespoir et les pressions sociales. Cette dimension de témoignage a été soulignée lors de son inscription, en 2022, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.
Un retour aux racines
Le choix de Sidi Bel-Abbès porte une forte dimension symbolique. La ville et sa région sont étroitement associées à l’émergence du raï et au parcours de plusieurs de ses figures historiques, dont Cheikha Rimitti.
En ramenant la manifestation dans cet espace, le festival entend réaffirmer l’ancrage algérien de cette musique tout en célébrant son rayonnement international. La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présenté cette édition comme un retour à la mémoire et aux origines du genre.
