Le léger rebond annoncé fin juillet n’est plus confirmé. Dans ses résultats détaillés publiés vendredi 28 août, l’Insee évalue désormais la croissance du produit intérieur brut à 0,0 % au deuxième trimestre, contre une première estimation de +0,2 %. L’institut a également abaissé son chiffre pour les trois premiers mois de l’année : le recul atteint maintenant 0,2 %, au lieu de 0,1 %.
Ces résultats ne correspondent pas à une « récession technique », qui suppose généralement deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Ils décrivent toutefois un premier semestre sans reprise de l’activité après la contraction enregistrée en début d’année.
L’agriculture et les prix des services expliquent les révisions
L’Insee attribue ces corrections à des informations qui n’étaient pas entièrement disponibles lors de sa précédente publication.
Ces révisions « s’expliquent par la prise en compte de la situation encore plus dégradée de la production agricole par rapport aux informations disponibles fin juillet, ainsi que des prix dans les services marchands qui n’étaient pas intégralement connus fin juillet et qui se sont avérés plus dynamiques qu’anticipés, en particulier dans les services de transports », précise l’institut.
Réagissant vendredi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a évoqué « le premier impact concret de l’été horrible qu’on a vécu », selon des propos rapportés par l’AFP. Il a indiqué que les conséquences des canicules et de la sécheresse seraient intégrées aux prévisions économiques préparées pour le prochain budget.
La consommation repart, l’investissement reste en baisse
Les dépenses des ménages ont augmenté de 0,3 % au deuxième trimestre, après avoir diminué d’autant au premier. La consommation des administrations publiques a également progressé, de 0,4 %, contre 0,3 % précédemment.
L’investissement, en revanche, poursuit son repli. Sa baisse est moins prononcée qu’en début d’année : elle atteint 0,3 %, après 0,8 %.
En réunissant consommation et investissement, la demande intérieure hors stocks apporte ainsi 0,2 point à la croissance trimestrielle, alors qu’elle lui avait retiré 0,3 point au trimestre précédent.
Les exportations rebondissent, les stocks pèsent
Le commerce extérieur a lui aussi soutenu l’activité. Les exportations ont progressé de 2,9 %, notamment grâce à l’aéronautique, après une chute de 3,0 % au premier trimestre.
Les importations ont augmenté moins rapidement, de 1,1 %, après un recul de 0,6 %. Le solde des échanges extérieurs contribue donc positivement à l’évolution du PIB, à hauteur de 0,6 point, contre une contribution négative de 0,9 point auparavant.
À l’inverse, les variations de stocks ont retiré 0,7 point à la croissance, après lui avoir apporté 0,9 point au premier trimestre.
Le pouvoir d’achat et le taux d’épargne diminuent
Pour les ménages, la reprise de la consommation s’accompagne d’une nouvelle perte de pouvoir d’achat. Celui du revenu disponible brut de l’ensemble des ménages baisse de 0,5 %, après un recul de 0,1 %.
La mesure par unité de consommation publiée par l’Insee fait apparaître une diminution plus marquée : −0,6 %, après −0,2 %. Ces deux indicateurs doivent être distingués.
Sous l’effet de cette baisse et de l’augmentation des dépenses de consommation, la part du revenu consacrée à l’épargne se réduit. Le taux d’épargne passe de 17,9 % à 17,2 % entre les deux trimestres.
Un acquis de croissance de 0,3 % pour 2026
À la fin du deuxième trimestre, l’acquis de croissance pour l’année s’établit à 0,3 %. Selon la définition de cet indicateur, cela correspond à la croissance annuelle qui serait obtenue si le PIB restait au niveau du deuxième trimestre jusqu’à décembre. Il ne s’agit donc pas d’une prévision pour l’ensemble de l’année.
La demande intérieure hors stocks contribue à cet acquis pour 0,2 point, tout comme le commerce extérieur. Les variations de stocks lui retirent 0,1 point.
