L’Algérie et le Niger ont signé plusieurs accords techniques et adopté un plan de travail commun dans les travaux publics. Cette coopération prévoit notamment des formations, des échanges d’expertise et un rapprochement entre les organismes chargés du contrôle des infrastructures.
Alger et Niamey veulent donner un contenu opérationnel à leur coopération dans les infrastructures. Une délégation nigérienne a été reçue jeudi 3 septembre à Alger par le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui.
Les consultations se sont achevées par la signature d’accords spécifiques et l’adoption de la version définitive d’un plan de travail conjoint.
Des accords entre organismes techniques
La délégation nigérienne était conduite par Abdallah Ouma Ahmed, secrétaire général du ministère nigérien de l’Équipement et des Infrastructures. Elle comprenait également plusieurs directeurs généraux de laboratoires relevant de ce secteur au Niger.
Les discussions ont porté sur l’application de mémorandums d’entente conclus entre les organismes techniques des deux pays. Un accord spécifique associe l’Organisme national algérien de contrôle technique des travaux publics et le Centre nigérien de qualité des travaux publics.
Un autre volet concerne le Laboratoire central des travaux publics en Algérie et le Laboratoire national des travaux publics et du bâtiment du Niger. Il prévoit des actions de formation et de perfectionnement destinées aux cadres techniques nigériens.
Un processus engagé à Niamey
Les accords signés à Alger prolongent les décisions prises lors de la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne, organisée les 23 et 24 mars 2026 à Niamey.
Cette rencontre avait abouti à la conclusion de plusieurs accords et programmes couvrant notamment les travaux publics, l’énergie, la santé, l’enseignement supérieur, l’industrie et la coopération entre laboratoires. Un protocole consacré aux infrastructures avait été signé le 24 mars.
Le dispositif a ensuite été approfondi lors de la visite en Algérie du ministre nigérien de l’Équipement et des Infrastructures, Salissou Mahaman Salissou, le 23 juin. La délégation avait découvert plusieurs projets et organismes algériens afin d’étudier les méthodes de réalisation, de gestion et de contrôle des grands chantiers.
Les responsables nigériens s’étaient notamment rendus sur le projet de voie express reliant le stade du 5-Juillet à Khraïssia, au niveau de la deuxième rocade d’Alger. Les échanges avaient également porté sur l’expérience algérienne dans les routes, les chemins de fer, les ports, les laboratoires techniques et les bureaux d’études.
La route transsaharienne en toile de fond
Le communiqué du 3 septembre ne mentionne aucun chantier transfrontalier précis. Il n’établit notamment pas de lien direct entre les nouveaux accords techniques et la route transsaharienne.
Ce corridor reste néanmoins l’un des principaux projets d’infrastructures associant l’Algérie et le Niger. Son axe central doit relier Alger à Lagos en traversant le territoire nigérien. Des branches assurent également des connexions avec la Tunisie, le Mali et le Tchad.
En juin 2026, les pays membres du Comité de liaison de la route transsaharienne se sont réunis à Alger afin d’examiner sa transformation en corridor économique. L’objectif affiché est de faciliter la circulation des personnes et des marchandises, tout en reliant les marchés sahéliens aux ports du nord de l’Afrique.
Aucun budget annoncé
Les deux gouvernements n’ont communiqué ni le montant financier des accords ni la liste des projets qui en bénéficieront. Le calendrier des formations, le nombre de techniciens concernés et les lieux d’intervention restent également inconnus.
Les annonces portent donc, à ce stade, sur la mise en place d’un cadre technique et institutionnel. Elles ne correspondent pas au lancement de nouvelles routes, de ponts ou d’autres ouvrages identifiés.
