Invitée de BFMTV lundi 7 septembre, Ségolène Royal a estimé que la France s’isolait dans ses relations avec l’Algérie. La candidate à la primaire socialiste a répondu à Sarah Knafo et alerté sur la perte de terrain des entreprises françaises sur le marché algérien.
Les relations entre Paris et Alger s’invitent dans la campagne présidentielle française. Sur le plateau de BFMTV, Ségolène Royal a plaidé pour une reprise du dialogue entre les deux pays, tout en dénonçant les discours hostiles à l’Algérie dans le débat politique français.
Présidente de l’Association France-Algérie et candidate à la primaire socialiste en vue de la présidentielle de 2027, l’ancienne ministre répondait notamment aux critiques formulées sur la même chaîne par Sarah Knafo. L’eurodéputée de Reconquête avait présenté sa démarche comme une forme de soumission à Alger.
Une réponse directe à Sarah Knafo
Ségolène Royal a écarté toute discussion avec la responsable de Reconquête. « Je n’ai pas de dialogue à avoir avec les algérophobes », a-t-elle déclaré.
Elle a également contesté l’idée selon laquelle renouer des relations politiques et économiques avec Alger reviendrait à faire preuve de faiblesse. Pour défendre sa position, l’ancienne candidate à la présidentielle a notamment évoqué les démarches entreprises par d’autres partenaires étrangers auprès des autorités algériennes.
La France présentée comme isolée
Ségolène Royal a dressé un constat particulièrement sévère de la diplomatie française en Méditerranée. « Tous les pays du pourtour méditerranéen s’entendent avec l’Algérie, sauf la France », a-t-elle affirmé dans un extrait diffusé par BFMTV.
Selon elle, les relations entre les deux pays restent prisonnières des affrontements liés au passé colonial, des logiques de revanche et de leur exploitation dans la vie politique française. Elle a également reproché à certains responsables de prendre position sur l’Algérie sans connaître les transformations actuelles du pays.
L’ancienne ministre considère au contraire que la France doit rechercher un accord avec ses voisins et défendre ses propres intérêts par le dialogue.
Les entreprises françaises perdent du terrain
Au-delà du contentieux diplomatique, Ségolène Royal a insisté sur les conséquences économiques de la dégradation des relations bilatérales. Elle a assuré être en contact avec la Chambre algéro-française de commerce et d’industrie et a décrit l’inquiétude des industriels français présents ou engagés sur le marché algérien.
Elle a cité la situation de l’usine Renault d’Oran ainsi que les difficultés rencontrées par les exportations agricoles françaises. Dans le même temps, elle estime que d’autres partenaires, notamment les États-Unis et l’Allemagne, renforcent leurs positions en Algérie. Elle a ainsi mentionné un accord algéro-allemand dans le domaine de l’hydrogène vert.
Les données commerciales récentes confirment un recul général des échanges. Selon les chiffres du commerce extérieur consultés par TSA Algérie, le commerce de marchandises entre les deux pays a atteint 8,6 milliards d’euros entre août 2025 et juillet 2026. Il s’élevait à 9,3 milliards d’euros en 2025 et à 11,2 milliards en 2024.
Sur les douze derniers mois étudiés, les exportations françaises vers l’Algérie ont représenté environ 4 milliards d’euros, contre 4,8 milliards en 2024. Les importations françaises de produits algériens ont, elles aussi, diminué, passant de 6,2 milliards d’euros en 2024 à 4,6 milliards.
Le gaz au cœur de son argumentaire
Ségolène Royal a enfin relié la crise diplomatique aux enjeux énergétiques. Elle considère qu’une coopération commerciale plus étroite avec l’Algérie, notamment dans le domaine du gaz, pourrait contribuer à réduire les prix supportés par la France.
La candidate n’a cependant fourni aucun chiffrage ni présenté de mécanisme précis permettant d’établir l’ampleur de cette baisse éventuelle. Cette affirmation relève donc, à ce stade, de son argumentaire politique.
