Les installations hydrauliques devront avancer au même rythme que le projet minier. Lounas Bouzegza a demandé, jeudi 10 septembre 2026, l’achèvement avant la fin de l’année des travaux destinés à alimenter en eau industrielle les sites de Bled El Hadba et d’Oued Kebrit. L’instruction a été donnée lors d’une réunion consacrée au suivi de ces deux chantiers, selon le ministère de l’Hydraulique.
Accélérer les travaux sans déroger aux normes
Au cours de cette réunion, le ministre a appelé les différents intervenants à renforcer les moyens mobilisés et à accélérer le rythme d’exécution. Il a parallèlement insisté sur le respect des normes et des spécifications techniques applicables aux infrastructures en construction.
Le ministère demande également un suivi permanent sur le terrain afin d’identifier et de lever les obstacles susceptibles de retarder les travaux. L’objectif est de rendre les installations opérationnelles dans les délais prévus et d’assurer l’approvisionnement nécessaire au fonctionnement du projet intégré du phosphate.
La réunion a rassemblé des responsables de l’administration centrale ainsi que les dirigeants des entreprises et organismes directement impliqués, parmi lesquels l’Agence nationale des barrages et transferts, le groupe GERHYD et Cosider Canalisations.
Sept stations de pompage pour Bled El Hadba
À Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, le dispositif doit permettre d’acheminer de l’eau brute vers la zone industrielle depuis le champ de Negrine. Le chantier confié au groupe GERHYD comprend notamment sept stations de pompage offrant un débit de 170 litres par seconde ainsi que la pose de 157 kilomètres de conduites.
Le programme prévoit également la réalisation et l’équipement de trois forages atteignant 400 mètres de profondeur. Chacun doit présenter une capacité de production de 25 litres par seconde. Cinq autres forages doivent par ailleurs être équipés et raccordés à l’électricité.
Cette infrastructure accompagne le développement du pôle minier de Bled El Hadba, où doit être extrait et enrichi le phosphate avant son acheminement vers les installations de transformation. Sonatrach présente ce site comme l’un des principaux maillons de la première phase du projet intégré du phosphate.
Un réservoir de 10 000 m³ à Oued Kebrit
Le second chantier concerne le complexe industriel d’Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras. Confié à Cosider, il comprend la construction d’une station de pompage capable d’assurer un débit allant jusqu’à 1 200 litres par seconde.
Quelque 78 kilomètres de conduites doivent également être réalisés, auxquels s’ajoute un réservoir d’une capacité de 10 000 mètres cubes. Huit forages, pouvant atteindre une profondeur de 800 mètres, complètent le dispositif prévu pour alimenter le site en eau brute.
Oued Kebrit constitue le pôle de transformation chimique du projet. Les installations programmées doivent notamment permettre la production d’engrais phosphatés et azotés à partir du phosphate extrait à Bled El Hadba. Le dispositif industriel est complété par des infrastructures portuaires à Annaba destinées notamment à l’exportation des productions excédentaires.
Une échéance liée au calendrier du projet minier
La mise sous pression des chantiers hydrauliques intervient alors que les autorités resserrent le calendrier autour du projet intégré du phosphate. Lors du Conseil des ministres du 6 septembre, le président Abdelmadjid Tebboune s’est félicité de l’avancement de la ligne ferroviaire minière reliant Bled El Hadba, Oued Kebrit et le port d’Annaba, avec un début de production annoncé pour mars 2027.
L’achèvement des raccordements en eau industrielle avant la fin de 2026 constitue donc l’une des étapes nécessaires à la mise en service de l’ensemble. Le ministère de l’Hydraulique affirme que les deux projets enregistrent une progression notable, tout en demandant aux entreprises et organismes concernés de maintenir un suivi rapproché jusqu’à leur entrée en exploitation.
