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Culture

Sid Ahmed Agoumi, grande figure du théâtre et du cinéma algériens, est mort

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Le comédien Sid Ahmed Agoumi est décédé dimanche 20 septembre 2026, a annoncé l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins. Du théâtre aux séries télévisées, son parcours s’est étendu sur plus de six décennies. Abdelmadjid Tebboune et Malika Bendouda ont salué sa contribution à la culture algérienne.

Sid Ahmed Agoumi, grande figure du théâtre et du cinéma algériens, est mort
Crédit photo : D.R

De Z à Sultan Achour 10, Sid Ahmed Agoumi a occupé une place singulière dans le paysage artistique algérien. Connu à l’état civil sous le nom d’Ahmed Meziane, l’acteur était aussi un homme de théâtre qui avait dirigé plusieurs institutions culturelles. L’ONDA, dont il était membre, lui a rendu hommage à l’annonce de sa disparition.

Les hommages de Tebboune et de Bendouda

Dans son message de condoléances, le président Abdelmadjid Tebboune a salué le talent du comédien et son attachement à la culture nationale. Il a rappelé sa participation à plus de cinquante productions cinématographiques et télévisuelles, en Algérie et à l’étranger. Son hommage évoque notamment Z et Chronique des années de braise, ainsi qu’un parcours ayant accompagné plusieurs générations depuis les années 1960. Le chef de l’État a adressé ses condoléances à la famille du défunt et à la communauté artistique. 

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a également exprimé sa compassion aux proches de l’artiste, à ses collègues et à ses admirateurs. Dans son communiqué, le ministère décrit « l’un de ses créateurs qui ont porté l’art comme une responsabilité et un message », soulignant la place de ses interprétations dans la mémoire artistique nationale.

De Z à Sultan Achour 10

Né à Bologhine, à Alger, et d’origine kabyle, Sid Ahmed Agoumi a développé une carrière mêlant cinéma, télévision et théâtre. En 1969, il apparaît dans Z, de Costa-Gavras, ainsi que dans Les Hors-la-loi, de Tewfik Farès. Plusieurs décennies plus tard, il figure au générique d’Il était une fois dans l’Oued, de Djamel Bensalah, sorti en 2005, puis de Morituri, d’Okacha Touita, en 2007. Son interprétation dans Les Diseurs de vérité, de Karim Traïdia, lui a également valu un prix d’interprétation masculine.

À la télévision, son parcours comprend Kahla Oua Beida, d’Abderrahmane Bouguermouh, en 1980. Il participe ensuite à Djemai Family, en 2008 et en 2011, puis à Nsibti Laâziza, en 2013. Entre 2015 et 2021, le public le retrouve dans Sultan Achour 10, la série de Djaafer Gacem.

Le théâtre au cœur de son parcours

Son engagement dans la vie culturelle dépassait l’interprétation. Sid Ahmed Agoumi a dirigé les théâtres régionaux d’Annaba et de Constantine, ainsi que la Maison de la culture et du théâtre de Tizi Ouzou. Il a aussi exercé les fonctions de directeur du Théâtre national algérien.

Installé en France dans les années 1990, il y poursuit son activité sur scène et devant la caméra. Sa notice publiée par ThéâtreOnline témoigne d’un répertoire allant de Kateb Yacine à Bernard-Marie Koltès, en passant par Shakespeare et Molière.

Son parcours le conduit également au Québec, notamment avec Le Collier d’Hélène, de Carole Fréchette. Dans La Chute, de Biljana Srbljanović, il interprète Slobodan Milošević.

Une voix au service des écrivains

Sid Ahmed Agoumi a aussi donné voix aux textes de Jean Sénac, Mouloud Feraoun, Rachid Mimouni et Benamar Mediene. L’œuvre de Kateb Yacine, notamment Nedjma, occupait également une place dans ce travail de transmission littéraire.

Cette relation aux textes rejoignait sa conception d’un art destiné au public. Dans un entretien accordé au Bondy Blog en 2006, il déclarait : « Le théâtre, le vrai, celui qui prolonge le véritable souffle de la tragédie grecque, ne peut être que populaire ».