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Économie

Le FMI salue la croissance de l’Algérie mais alerte sur les déficits

Le Fonds monétaire international porte une appréciation positive sur la croissance et les efforts de diversification engagés par l’Algérie. Dans ses dernières conclusions, l’institution prévoit une progression du PIB de 3,8 % en 2026, tout en alertant sur l’ampleur du déficit budgétaire, l’érosion des réserves et le recours au financement monétaire.

Le FMI salue la croissance de l’Algérie mais alerte sur les déficits
Crédit photo : D.R

L’économie algérienne conserve une dynamique solide, mais ses équilibres financiers restent sous pression. Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a achevé le 11 septembre ses consultations de 2026 au titre de l’article IV avec l’Algérie. Les conclusions ont été publiées le 21 septembre à Washington.

Le diagnostic du FMI est à double face. L’institution salue la résistance de la croissance, les investissements et les progrès réalisés dans la diversification de l’économie. Elle estime cependant que la persistance d’importants déficits publics fragilise les marges de manœuvre financières du pays.

Une croissance attendue à 3,8 % en 2026

Selon les données publiées par le FMI, le produit intérieur brut réel de l’Algérie a progressé de 3,9 % en 2025, après 3,7 % en 2024. Cette performance a notamment été soutenue par un niveau élevé d’investissement.

Pour 2026, l’institution table sur une croissance de 3,8 %. L’activité hors hydrocarbures devrait progresser de 4 %, contre 2,7 % pour le secteur des hydrocarbures.

Les perspectives à court terme sont jugées globalement positives. Le FMI relève notamment que la hausse des revenus tirés des hydrocarbures devrait soutenir les recettes d’exportation et les finances publiques.

À plus long terme, le rythme devrait toutefois ralentir. Les projections du Fonds font état d’une croissance de 3,1 % en 2027, puis proche de 3 % au cours des années suivantes.

Les efforts de diversification salués

Le FMI souligne les progrès accomplis par l’Algérie pour réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures. Le Conseil d’administration salue notamment les mesures de diversification économique ainsi que la stratégie d’investissement public mise en œuvre par les autorités.

L’agriculture et les mines figurent parmi les secteurs mis en avant par l’institution lors de sa mission menée à Alger entre le 16 et le 30 juin 2026. Le Fonds estime néanmoins que ces efforts doivent être accompagnés de nouvelles réformes afin de renforcer la compétitivité et l’investissement privé.

Autre élément positif relevé par le FMI, la sortie de l’Algérie de la liste du Groupe d’action financière des juridictions soumises à une surveillance renforcée. L’institution considère cette évolution comme le résultat des mesures prises en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Des finances publiques sous pression

Ces appréciations positives sont accompagnées d’importantes mises en garde.

Le FMI souligne que les déficits budgétaires élevés ont réduit les réserves financières dont dispose l’État pour absorber les chocs économiques. Malgré une amélioration en 2025, le déficit est resté à un niveau jugé très important.

Lors de sa mission de juin, le Fonds l’avait estimé à 10,5 % du PIB en 2025. Les besoins de financement avaient parallèlement contribué à porter la dette publique à 52,1 % du PIB, selon les données alors communiquées par l’institution.

Le Conseil d’administration appelle donc à un assainissement budgétaire progressif. Il recommande notamment d’accroître les recettes hors hydrocarbures, d’améliorer l’efficacité des investissements publics et de rationaliser certaines dépenses.

Inflation et réserves également surveillées

L’inflation constitue un autre point d’attention. Selon le FMI, l’inflation globale est passée de -2 % en septembre 2025 à 5,2 % en avril 2026, notamment après la fin de la baisse des prix alimentaires et la forte progression du prix des bijoux liée à la hausse de l’or.

Sur l’ensemble de 2026, l’indice des prix à la consommation progresserait en moyenne de 5,5 %, selon les projections publiées par l’institution.

Le FMI constate également une forte détérioration du compte courant en 2025. La hausse des importations, combinée à un recul des exportations d’hydrocarbures, a pesé sur les réserves de change.

Le FMI réclame davantage de place pour le secteur privé

Pour consolider la croissance sur la durée, le Fonds appelle également à poursuivre les réformes structurelles.

Parmi les priorités citées figurent l’amélioration du climat des affaires, la réduction des obstacles réglementaires et de l’économie informelle, ainsi qu’un meilleur équilibre entre les entreprises publiques et le secteur privé.