vendredi 9 octobre 2026 DZ TIME • L’actualité algérienne en continu
☰ Menu des rubriques
FLASH
Économie

L’Accord d’Alger revient au cœur de la diplomatie pétrolière

Mis à jour le

Dix ans après son adoption, l’Accord d’Alger est de nouveau présenté comme une étape majeure de la coopération entre pays producteurs. Cette reconnaissance de l’OAPEC intervient pendant la visite en Algérie du secrétaire général de l’Opep, Haitham Al Ghais.

L’Accord d’Alger revient au cœur de la diplomatie pétrolière
Crédit photo : رئاسة الجمهورية الجزائرية

Le compromis trouvé à Alger en septembre 2016 reste une référence dans la gouvernance du marché pétrolier. Dans son bulletin mensuel publié dimanche 27 septembre, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OAPEC) a qualifié cet accord de « tournant stratégique » pour le marché mondial.

Cette appréciation a été formulée à l’occasion du dixième anniversaire de l’Accord d’Alger. Le secrétaire général de l’OAPEC, Khaled Al-Otaibi, estime que le texte a dépassé la simple réponse à la baisse des cours pour modifier durablement la manière dont les producteurs coordonnent leurs décisions.

Un compromis obtenu dans un marché sous pression

L’Accord d’Alger a été adopté le 28 septembre 2016, lors de la 170e réunion extraordinaire de la Conférence de l’Opep. À cette époque, le marché était confronté à une offre abondante, notamment sous l’effet de l’essor du pétrole de schiste américain, à une progression limitée de la demande et à des stocks élevés.

Les membres de l’organisation avaient alors retenu un objectif de production compris entre 32,5 et 33 millions de barils par jour. Un comité de haut niveau avait également été chargé de préparer les modalités d’application de cette orientation et d’ouvrir des consultations avec les producteurs extérieurs à l’Opep.

Le point de départ du format Opep+

La mise en œuvre du compromis a été arrêtée deux mois plus tard. Le 30 novembre 2016, à Vienne, les pays de l’Opep ont décidé de réduire leur production d’environ 1,2 million de barils par jour, avec un plafond fixé à 32,5 millions de barils quotidiens à partir du 1er janvier 2017.

Le 10 décembre, onze pays non membres de l’organisation ont rejoint l’effort collectif en annonçant des ajustements volontaires proches de 600 000 barils par jour. Au total, 24 pays producteurs ont participé à une réduction d’environ 1,8 million de barils quotidiens.

Cette séquence a donné naissance à la Déclaration de coopération, devenue le socle du format Opep+. Elle a également conduit à la mise en place de mécanismes communs chargés de suivre la production, d’évaluer le respect des engagements et d’examiner régulièrement l’évolution de l’offre, de la demande et des stocks.

L’Accord d’Alger n’a donc pas constitué, à lui seul, le dispositif définitif de l’Opep+. Il en a ouvert la voie en faisant passer la coopération pétrolière d’une coordination limitée aux membres de l’Opep à un dialogue structuré avec d’autres grands producteurs, dont la Russie.

Haitham Al Ghais reçu par Mohamed Arkab

La commémoration coïncide avec la visite de travail effectuée en Algérie, du 26 au 29 septembre, par le secrétaire général de l’Opep, Haitham Al Ghais. Celui-ci a été reçu dimanche par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab.

Les discussions ont porté sur les perspectives du marché mondial, les défis rencontrés par l’industrie pétrolière, le fonctionnement de l’Opep et la coordination entre les pays participant à la Déclaration de coopération. Les deux responsables ont également examiné les moyens d’adapter l’organisation aux transformations du marché énergétique.

Mohamed Arkab a réaffirmé l’attachement de l’Algérie au dialogue, à la concertation et à la recherche du consensus entre producteurs. Haitham Al Ghais a, pour sa part, salué « le rôle constructif joué par l’Algérie au sein de l’OPEP et de l’OPEP+ », ainsi que sa contribution aux efforts de coordination.

Aucune nouvelle réduction de production ni décision opérationnelle sur l’offre n’a été annoncée à l’issue de cette rencontre. La visite du secrétaire général de l’Opep, prévue jusqu’au 29 septembre, remet surtout en lumière le rôle diplomatique joué par Alger dans la construction du dialogue entre producteurs.