Les relations diplomatiques entre Israël et le Maroc franchissent une nouvelle étape. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, et son homologue marocain, Nasser Bourita, se sont rencontrés mercredi 16 septembre à New York lors d’une réunion organisée par l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz.
À l’issue de ces discussions, les deux pays ont convenu d’élever leurs actuelles missions diplomatiques au rang d’ambassades et de procéder à la nomination d’ambassadeurs. Aucune date précise n’a toutefois été communiquée pour l’ouverture effective de ces représentations.
Des bureaux de liaison appelés à devenir des ambassades
Dans un communiqué, la diplomatie israélienne indique que les participants à la réunion ont réaffirmé leur volonté de renforcer les relations entre les deux pays, notamment par « l’élévation de leurs missions diplomatiques respectives au rang d’ambassades, ainsi que la nomination d’ambassadeurs ».
Israël dispose actuellement d’un bureau de liaison à Rabat, tandis que le Maroc possède une représentation à Tel-Aviv. Le site officiel de la diplomatie israélienne présente toujours, au 17 septembre 2026, sa représentation au Maroc comme un bureau de liaison.
Cette décision s’inscrit dans le prolongement du rapprochement engagé en décembre 2020 dans le cadre d’un accord négocié avec les États-Unis. Le Maroc avait alors repris ses relations diplomatiques officielles avec Israël et accepté la réouverture des bureaux de liaison ainsi que le rétablissement de liaisons aériennes directes.
De nouveaux accords économiques prévus en 2026
Le rapprochement annoncé ne se limite pas au volet diplomatique. Les deux pays veulent également approfondir leurs échanges économiques et commerciaux.
Selon les informations communiquées après la réunion de New York, deux accords portant notamment sur la protection des investissements et la prévention de la double imposition doivent être finalisés avant la fin de l’année 2026. Des visites bilatérales de haut niveau sont également prévues dans les prochains mois.
Israël et le Maroc ont également convenu de développer leurs liaisons aériennes, avec notamment le rétablissement de vols commerciaux directs opérés par des compagnies des deux pays.
« L’amitié entre les peuples marocain et juif a des racines profondes et une histoire riche. La déclaration que nous avons signée aujourd’hui présente des moyens concrets de renforcer les relations entre Israël et le Maroc dans l’intérêt des deux peuples », a déclaré Gideon Saar à l’issue de la rencontre.
Un rapprochement engagé depuis plusieurs années
Les relations entre le Maroc et Israël sont antérieures aux accords de 2020. Après les accords d’Oslo, Rabat et Tel-Aviv avaient ouvert des bureaux de liaison en 1994. Ceux-ci avaient été fermés en 2000 dans un contexte de fortes tensions israélo-palestiniennes, même si certains contacts diplomatiques s’étaient poursuivis.
La reprise officielle des relations en décembre 2020 a ensuite accéléré la coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines économique, touristique et diplomatique. L’objectif d’un passage au niveau des ambassades avait déjà été évoqué auparavant, sans déboucher jusque-là sur leur établissement effectif.
La normalisation contestée au sein de l’opinion marocaine
Le maintien des relations avec Israël a suscité plusieurs mobilisations au Maroc depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée après l’attaque menée par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
En octobre 2024, plusieurs milliers de personnes avaient notamment manifesté à Rabat pour soutenir les Palestiniens et réclamer la fin des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël.
Ces mobilisations n’ont pas conduit Rabat à remettre en cause officiellement la reprise des relations décidée en 2020. Le nouvel accord annoncé à New York prévoit au contraire un renforcement du niveau de représentation diplomatique entre les deux États.
La prochaine étape doit désormais être la transformation effective des bureaux de liaison en ambassades et la désignation des ambassadeurs.
