L’Algérie pourrait devenir l’un des maillons logistiques du projet d’uranium Dasa développé dans le nord du Niger. Global Atomic, le groupe canadien qui pilote le projet, examine plusieurs solutions pour acheminer sa future production vers les marchés internationaux, le Niger ne disposant d’aucun accès direct à la mer.
Parmi ces options figure un itinéraire vers le nord, à travers le territoire algérien, permettant de rejoindre la Méditerranée. Reuters la présente comme l’une des pistes étudiées par Global Atomic face aux difficultés et aux risques affectant les routes d’exportation traditionnelles.
Un financement américain de 414,2 millions de dollars
Le dossier a pris une nouvelle dimension. Le conseil d’administration de l’US International Development Finance Corporation, la DFC, a approuvé un financement pouvant atteindre 414,2 millions de dollars pour Dasa, selon Global Atomic.
Le montage comprend une facilité de prêt à terme pouvant aller jusqu’à 397,4 millions de dollars, complétée par une enveloppe de 16,8 millions de dollars destinée aux éventuels dépassements de coûts.
Cette approbation ne signifie pas que les fonds ont déjà été versés. La DFC précise de manière générale que certaines opérations approuvées doivent encore franchir plusieurs étapes avant leur engagement définitif et leur clôture. Dans le cas de Dasa, Global Atomic doit notamment satisfaire différentes conditions avant de pouvoir disposer du financement.
Parmi elles figure précisément la mise en place d’une route viable d’exportation du yellowcake, le concentré d’uranium produit après traitement du minerai.
La piste algérienne n’est pas nouvelle
L’option passant par l’Algérie était déjà étudiée avant l’annonce du financement américain. Fin 2024, Global Atomic expliquait que les autorités nigériennes travaillaient avec Alger sur une route commerciale vers la Méditerranée. L’entreprise évoquait alors un accès par l’Algérie comme troisième solution logistique possible, en complément des itinéraires passant notamment par le Togo et le Burkina Faso ou par le Nigeria.
En mai 2026, le groupe canadien a de nouveau fait état de cette possibilité après des échanges entre l’Algérie et le Niger. Global Atomic indiquait qu’un accord de coopération entre les deux pays comprenait un renforcement des échanges commerciaux et la perspective d’un corridor reliant Dasa à la Méditerranée.
Le PDG de Global Atomic, Stephen Roman, avait alors souligné la proximité entre la mine et la frontière algérienne, en déclarant que « la route de Dasa vers la frontière algérienne est courte ».
Au deuxième trimestre 2026, l’entreprise mentionnait encore la venue en Algérie d’une délégation nigérienne comprenant des responsables gouvernementaux ainsi que des représentants de SOMIDA, la société exploitant le projet.
Dasa détenu à 20 % par l’État nigérien
Le projet Dasa se situe dans la région d’Agadez, à environ 105 kilomètres au sud de la ville minière d’Arlit. Il est exploité par la Société Minière de Dasa, SOMIDA, détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien.
Global Atomic présente le gisement comme le projet d’uranium à haute teneur le plus avancé actuellement en développement en Afrique. Selon son étude de faisabilité révisée en 2026, le plan minier prévoit une production totale de 68,1 millions de livres d’U3O8 sur 23 ans.
Le coût global du projet est désormais estimé à 777,2 millions de dollars, frais de financement et provisions pour imprévus compris. Au 30 juin 2026, Global Atomic déclarait avoir déjà engagé 228,5 millions de dollars.
La logistique devient une condition clé
Pour Global Atomic, l’enjeu dépasse désormais la seule construction de la mine et de l’usine de traitement. La capacité à transporter la future production hors du Niger constitue l’une des conditions centrales pour sécuriser le financement et organiser les ventes.
Le projet dispose déjà d’accords portant sur 8,8 millions de livres d’U3O8 pendant les sept premières années d’exploitation, dont 90 % destinées à des clients américains, selon l’entreprise.
C’est dans ce contexte que la voie algérienne revient au premier plan. Elle pourrait offrir à Dasa un accès vers la Méditerranée, mais son utilisation effective dépendra encore des accords opérationnels, des autorisations et des choix logistiques qui restent à finaliser.
