La lutte antidrogue devient un dossier de diplomatie parlementaire pour l’Algérie. Lors d’une réunion organisée dimanche 20 septembre au Caire, le représentant du Parlement algérien a demandé que cette question soit intégrée au projet de point d’urgence que le groupe arabe entend soumettre à l’Union interparlementaire.
L’initiative a été présentée par Djelloul Harouchi, président de la commission des affaires économiques et financières du Conseil de la nation. Le sénateur participait à la 43e session du comité exécutif de l’Union interparlementaire arabe.
Une proposition formulée au Caire
Djelloul Harouchi a proposé d’inclure la lutte contre les drogues et les substances psychotropes dans le texte préparé par le groupe arabe pour la prochaine Assemblée de l’Union interparlementaire.
Il a appelé les parlementaires du monde entier à participer à la lutte contre ce qu’il a qualifié de « terrorisme de la drogue ». Selon le communiqué du Conseil de la nation, cette mobilisation passerait par un renforcement de la coopération parlementaire et par l’utilisation des instruments législatifs et de contrôle contre une criminalité qui dépasse les frontières nationales.
L’objectif affiché consiste à porter le sujet au-delà des seules opérations policières et militaires. L’action des parlements pourrait notamment concerner les lois réprimant le trafic, le contrôle de leur application et la coordination internationale face aux réseaux organisés.
Une procédure encore inachevée
La proposition algérienne ne constitue pas encore une décision de l’Union interparlementaire. Elle doit d’abord être retenue dans le projet du groupe arabe, puis soumise selon les procédures de l’organisation mondiale.
La prochaine étape doit se dérouler du 5 au 9 octobre 2026 à Arusha, en Tanzanie, lors de la 153e Assemblée de l’Union interparlementaire. L’organisation annonce l’adoption d’une résolution sur un point d’urgence, sans indiquer à ce stade que la lutte antidrogue sera effectivement le thème choisi.
Une saisie de 58 kilogrammes à Tamanrasset
L’annonce parlementaire a été rendue publique lundi 21 septembre, le jour même où le ministère de la Défense nationale a fait état d’une importante opération à Tamanrasset.
Selon le ministère, des détachements conjoints de l’Armée nationale populaire relevant du secteur militaire de Tamanrasset, dans la 6e Région militaire, ont arrêté deux personnes présentées comme des trafiquants. Les militaires ont saisi 58 kilogrammes de cocaïne dissimulés dans deux camions semi-remorques.
Des réseaux qui dépassent le cadre national
Le trafic de stupéfiants associe circulation des marchandises, financement clandestin et organisations actives dans plusieurs pays. Dans ce contexte, l’initiative algérienne vise à mobiliser les parlements autour des outils législatifs et des mécanismes de contrôle.
Le journal arabophone El Khabar présente cette démarche comme une volonté de renforcer la coopération sécuritaire, judiciaire et parlementaire, mais aussi le suivi des revenus issus du narcotrafic et la prévention de la consommation.
