Les relations entre Alger et Niamey se sont invitées à la tribune des Nations unies. Dans son intervention devant l’Assemblée générale à New York, le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, a salué le rôle joué par l’Algérie dans l’accompagnement de son pays au cours des dernières années. Il a présenté Alger comme l’un des partenaires du Niger dans plusieurs secteurs stratégiques.
Le chef du gouvernement nigérien a évoqué des investissements dans l’exploitation des ressources naturelles ainsi qu’un soutien dans le domaine de la défense. Il a également insisté sur la coopération bilatérale dans la santé, l’éducation, l’énergie, les ressources en eau et l’agriculture.
Une coopération élargie à plusieurs secteurs
Cette déclaration intervient dans un contexte de rapprochement entre Alger et Niamey. En mars 2026, les deux pays avaient tenu à Niamey la deuxième session de leur Grande commission mixte de coopération. Plusieurs accords, mémorandums et programmes avaient alors été conclus dans des domaines allant de l’énergie à la santé, en passant par les travaux publics, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, l’industrie pharmaceutique et l’environnement.
Les deux gouvernements avaient également affiché leur volonté de développer les échanges dans l’agriculture, les transports, les infrastructures et la formation professionnelle. Ces accords fixent un cadre de coopération, mais leur degré de mise en œuvre varie selon les secteurs et les projets concernés.
Un projet énergétique a déjà franchi le stade de la réalisation. Le 3 juin 2026, les Premiers ministres algérien et nigérien ont inauguré à Gorou Banda, à Niamey, une centrale électrique de 40 mégawatts financée sous la forme d’un don de l’Algérie au Niger.
Le gazoduc transsaharien avance à des rythmes différents
Devant l’ONU, Ali Mahaman Lamine Zeine a également cité le gazoduc transsaharien parmi les projets structurants associant son pays et l’Algérie. Le Trans-Saharan Gas Pipeline, ou TSGP, doit relier le Nigeria à l’Algérie en traversant le territoire nigérien.
Le projet a connu une avancée concrète côté algérien le 4 juin 2026, avec le lancement officiel des travaux du tronçon situé en Algérie à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Cette section doit suivre le corridor de la route transsaharienne depuis la frontière avec le Niger jusqu’au centre national de dispatching du gaz de Hassi R’Mel.
La situation est différente sur la partie nigérienne. Lors d’une réunion organisée à Niamey le 22 septembre, soit trois jours avant le discours à l’ONU, le ministre algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab et Ali Mahaman Lamine Zeine ont examiné les prochaines étapes du projet. Les discussions ont notamment porté sur le lancement des levés topographiques du tracé au Niger.
Des études environnementales, géotechniques et d’impact restent également nécessaires pour faire avancer ce tronçon. Le projet est donc entré dans une phase de réalisation en Algérie, tandis que les travaux préparatoires se poursuivent encore sur la partie nigérienne.
La route transsaharienne déjà réalisée à plus de 90 %
L’autre infrastructure majeure citée par le Premier ministre nigérien est la route transsaharienne. Cet axe doit faciliter les échanges entre l’Afrique du Nord, le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, avec une liaison principale entre Alger et Lagos passant par le Niger.
Selon le Comité de liaison de la route transsaharienne, le réseau était réalisé à plus de 90 % en juin 2026. Son axe principal s’étend sur environ 4 500 kilomètres entre Alger et Lagos, auxquels s’ajoutent plusieurs branches vers la Tunisie, le Mali et le Tchad.
Au Niger, la section reliant les frontières algérienne et nigériane est presque achevée. En juin, le secrétaire général du Comité de liaison, Mohamed Ould Mohammedi, indiquait qu’il restait notamment à terminer un tronçon situé entre le point kilométrique zéro et Assamaka, dont les travaux étaient alors présentés comme avancés.
Les États membres cherchent désormais à aller au-delà de la seule construction routière. La 77e session du Comité de liaison, organisée en juin à Alger, a placé au centre des discussions la transformation de cette infrastructure en corridor économique, avec des enjeux liés au transport, au commerce et à la logistique.
Alger et Niamey relancent leurs projets communs
Les propos tenus à New York interviennent après plusieurs rencontres de haut niveau entre responsables algériens et nigériens en 2026. Ali Mahaman Lamine Zeine s’était notamment rendu à Alger fin août pour des discussions consacrées aux relations bilatérales et aux projets communs.
La coopération énergétique a ensuite été de nouveau examinée à Niamey en septembre. Outre le gazoduc transsaharien, les discussions ont concerné le projet d’exploration de Sonatrach sur le bloc pétrolier de Kafra au Niger.
