L’Algérie a de nouveau porté la question palestinienne au sein d’une enceinte diplomatique internationale. Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a pris part le 24 septembre à New York à la réunion ministérielle de haut niveau de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États, organisée en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
La rencontre était coprésidée par l’Arabie saoudite, la Norvège et l’Union européenne, en coordination avec la France. Près de 100 États et organisations y ont participé.
Attaf fixe trois priorités
Dans son intervention, Ahmed Attaf a estimé que la perspective d’un État palestinien viable et souverain restait confrontée à des obstacles majeurs malgré le soutien international à la solution à deux États.
Le ministre algérien a présenté trois priorités. La première consiste, selon lui, à faire respecter pleinement et immédiatement l’accord de cessez-le-feu. La deuxième porte sur la protection de la population palestinienne et le rejet de tout déplacement forcé. La troisième vise à rétablir les conditions politiques permettant la concrétisation de la solution à deux États.
Ahmed Attaf a également défendu le passage des prises de position diplomatiques à des actions concrètes destinées à préserver les conditions nécessaires à la création d’un État palestinien et à garantir le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.
Le compte souligne également que le chef de la diplomatie a réaffirmé la position de l’Algérie en faveur des « droits nationaux légitimes et inaliénables » du peuple palestinien, notamment son droit à l’autodétermination et à l’établissement d’un État indépendant avec El-Qods pour capitale.
L’Alliance veut préserver l’unité des territoires palestiniens
La réunion de New York ne s’est pas limitée aux déclarations nationales. Dans leur texte commun, les coprésidents de l’Alliance ont réaffirmé que Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, devaient constituer un seul territoire palestinien.
Ils ont défendu la création d’un État palestinien indépendant, souverain, viable et continu sur la base des lignes de 1967, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations unies.
Le communiqué appelle également à stopper les mesures susceptibles de compromettre cette perspective, notamment l’expansion des colonies, les démolitions, les déplacements forcés et les projets d’annexion en Cisjordanie. Les coprésidents demandent aussi le respect du statu quo historique et juridique sur les lieux saints de Jérusalem.
Cette orientation rejoint l’un des principaux messages défendus par Ahmed Attaf : selon lui, la solution à deux États ne peut être préservée si les réalités territoriales continuent à évoluer sur le terrain au détriment de la création d’un État palestinien.
Gaza, reconstruction et Autorité palestinienne
Plusieurs engagements politiques ont été réaffirmés pendant la réunion. Les coprésidents ont notamment demandé la consolidation du cessez-le-feu à Gaza et un accès rapide et sans entrave à l’aide humanitaire, notamment par l’intermédiaire des Nations unies et de leurs agences.
Ils ont également appelé au lancement de la reconstruction avec des financements coordonnés et prévisibles. Sur le plan sécuritaire, la déclaration commune demande le désarmement du Hamas et des autres groupes armés ainsi qu’un retrait israélien selon un processus présenté comme crédible et vérifiable.
L’avenir politique de Gaza occupe une place centrale dans le document. L’Alliance affirme qu’il ne doit pas exister de trajectoire politique séparée entre la bande de Gaza et la Cisjordanie et soutient leur réunification sous une autorité palestinienne unique et légitime.
La situation financière de l’Autorité palestinienne a également été abordée. Les participants appellent à préserver sa viabilité financière, notamment par le versement des recettes fiscales retenues, et demandent aux bailleurs internationaux de poursuivre leur soutien direct.
