De la restauration des ksour à la numérisation des manuscrits, l’Algérie a présenté à Saint-Pétersbourg les instruments mobilisés pour préserver son patrimoine. Kamel Ramdane, directeur de l’Office de protection et de promotion de la vallée du M’Zab, est intervenu lors de la 12e édition du Forum international des cultures unies, organisée du 23 au 27 septembre en Russie.
L’archéologue figurait parmi les intervenants d’une session consacrée à l’éthique de la restauration dans le monde postcolonial, programmée le 24 septembre. Cette rencontre était animée par Mikhaïl Piotrovski, directeur général du musée de l’Ermitage, en présence de responsables culturels, de chercheurs et de spécialistes internationaux de la conservation.
Protection, restauration et transmission
L’intervention de Kamel Ramdane a porté sur l’expérience algérienne en matière de protection du patrimoine matériel et immatériel. Il a présenté le cadre législatif national ainsi que les projets de conservation, de restauration, de classement et de valorisation conduits par les institutions culturelles.
Le directeur de l’Office a également abordé la préservation du patrimoine vivant et sa transmission aux générations futures. Son exposé a évoqué la numérisation et le catalogage des manuscrits, ainsi que le rôle des établissements spécialisés dans la sauvegarde des biens culturels.
Une partie de la présentation a été consacrée aux outils numériques. Kamel Ramdane a notamment exposé l’utilisation d’une plateforme géographique reposant sur les systèmes d’information géographique. Ce dispositif doit contribuer à la documentation, au suivi et à la valorisation des sites patrimoniaux.
Un patrimoine mondial depuis 1982
Créé en 1970, l’Office de protection et de promotion de la vallée du M’Zab intervient dans la conservation, la restauration, la recherche et la formation autour du bâti traditionnel. Il est également chargé de veiller à l’application des règles de protection du site.
La vallée du M’Zab est inscrite depuis 1982 sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Elle comprend notamment les cinq ksour d’El Atteuf, Bounoura, Melika, Ghardaïa et Béni Isguen, ainsi que leurs palmeraies.
Cet ensemble urbain se distingue par une architecture adaptée au milieu saharien, une organisation communautaire particulière et des systèmes traditionnels de captage et de répartition de l’eau. L’Unesco considère cette conception comme une référence pour l’architecture et l’urbanisme contemporains.
Un accord de trois ans avec une institution russe
La participation algérienne au Forum a été accompagnée par la signature d’un protocole d’accord entre l’Office de protection et de promotion de la vallée du M’Zab et le Centre de sauvetage des monuments archéologiques. Cette structure relève de l’Institut d’histoire de la culture matérielle de l’Académie des sciences de Russie.
L’accord, conclu pour une durée de trois ans, a été signé par Kamel Ramdane et Natalia Fedorovna Solovyeva, représentante du centre russe. La cérémonie s’est déroulée sous la supervision de Mikhaïl Piotrovski, également président de l’Union des musées de Russie.
Le partenariat prévoit de renforcer la coopération scientifique, technique et culturelle entre les deux institutions. Il doit faciliter les échanges d’experts, d’informations et de savoir-faire dans les domaines de la conservation et de la restauration du patrimoine.
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a également participé au Forum de Saint-Pétersbourg. Cette présence inscrit la présentation du M’Zab dans une séquence plus large de coopération culturelle entre Alger et Moscou.
