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Swiftair condamnée douze ans après le crash AH5017

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Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu la compagnie aérienne espagnole Swiftair coupable d’homicides involontaires. Elle devra payer une amende de 225 000 euros, la peine maximale encourue, après le crash du vol Air Algérie AH5017 qui avait fait 116 morts en 2014.

Swiftair condamnée douze ans après le crash AH5017
Crédit photo : D.R

Douze ans après la catastrophe, la justice française a tranché. Swiftair a été condamnée lundi 28 septembre pour les manquements retenus dans le dossier du vol AH5017, qui reliait Ouagadougou à Alger.

Le McDonnell Douglas MD-83 appartenait à la compagnie espagnole, qui exploitait l’appareil et fournissait son équipage. L’avion avait été affrété par Air Algérie. La condamnation prononcée à Paris vise donc Swiftair et non la compagnie nationale algérienne.

Une amende de 225 000 euros

Le tribunal a infligé à Swiftair une amende de 225 000 euros. Ce montant correspond au maximum prévu en France pour une personne morale reconnue coupable d’homicides involontaires dans cette affaire.

La peine prononcée est identique aux réquisitions formulées par le ministère public à l’issue des trois semaines de procès organisées en mars 2026. La défense avait, pour sa part, demandé la relaxe de la compagnie.

Cette amende pénale ne doit pas être confondue avec l’indemnisation des familles.

Des manquements dans la préparation de l’équipage

Le tribunal n’a pas retenu l’ensemble des reproches formulés par l’accusation sur la formation des pilotes. Il a néanmoins considéré que le commandant de bord n’avait pas bénéficié d’un contrôle de compétence conforme.

La juridiction a également relevé que l’équipage n’avait pas effectué le nombre requis de vols de remise à niveau après une période d’inactivité. Ces manquements ont été retenus dans l’établissement de la responsabilité pénale de Swiftair.

La compagnie avait contesté toute négligence pendant le procès. Elle estimait avoir respecté les règles de sécurité applicables et invoquait notamment les limites des procédures et des documents techniques disponibles à l’époque.

Un décrochage après une perte de vitesse

Le vol AH5017 avait décollé de Ouagadougou dans la nuit du 23 au 24 juillet 2014 à destination d’Alger. Moins d’une heure plus tard, l’appareil s’était écrasé près de Gossi, dans le nord du Mali.

L’enquête de sécurité a établi une succession d’événements liée au givrage des capteurs de pression des moteurs. L’avion avait progressivement perdu de la vitesse avant de décrocher et de percuter le sol. Les systèmes d’antigivrage des moteurs n’avaient pas été activés.

Les 110 passagers et les six membres d’équipage avaient péri. Parmi les victimes figuraient 54 Français, des Algériens ainsi que des ressortissants de plusieurs autres pays. Les six membres de l’équipage étaient espagnols.

Swiftair examine la possibilité d’un appel

Après le jugement, Swiftair a regretté la décision et maintenu que sa responsabilité ne devait pas être retenue. La compagnie a indiqué vouloir étudier le jugement avec ses avocats avant de décider des suites de la procédure.

Elle dispose d’un délai de dix jours pour faire appel. À ce stade, aucun recours n’a été officiellement annoncé.

Les associations AH5017-Ensemble et FENVAC, constituées parties civiles, ont accueilli la condamnation comme une reconnaissance de la responsabilité pénale de l’exploitant. Pour les familles, ce jugement intervient après plus de douze années de procédures et de mobilisation.