L’unité installée dans la zone industrielle d’Es-Sénia emploie près de 200 personnes et assemble actuellement environ 2 000 smartphones par jour. STI ambitionne de tripler ce volume et d’atteindre 600 emplois directs, mais plusieurs données essentielles, dont le taux d’intégration locale, restent à préciser.
L’industrie algérienne du smartphone accueille un nouveau site de production. L’entreprise Smart Technologic Innovation (STI), détenue par des capitaux algériens et partenaire de la marque chinoise Vivo, a officiellement inauguré son usine d’Oran jeudi 20 août 2026, sous la supervision du wali.
Cette cérémonie intervient près de deux mois après l’annonce de l’entrée en activité de l’unité. Le 25 juin, les services de la wilaya faisaient déjà état du démarrage du site, implanté à Es-Sénia, et d’une capacité pouvant atteindre 6 000 téléphones par jour, selon l’Algérie Presse Service.
Une production de 2 000 appareils par jour
Construite sur une superficie de 7 000 mètres carrés, l’usine dispose de deux lignes d’assemblage. Chacune peut produire théoriquement près de 1 000 smartphones par jour dans le cadre du rythme de travail actuellement appliqué.
Le site fonctionne pour l’heure avec une seule équipe et affiche une production globale estimée à 2 000 appareils quotidiens. Pour atteindre l’objectif de 6 000 unités, STI prévoit d’organiser le travail en trois rotations couvrant l’ensemble de la journée. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué pour ce passage à pleine capacité.
Jusqu’à 600 emplois directs annoncés
L’usine compte actuellement près de 200 salariés. D’après Djilali Boukhelaf, chargé de communication de STI, environ 70 % des personnes recrutées étaient inscrites auprès de l’Agence nationale de l’emploi.
L’entreprise prévoit de porter progressivement ses effectifs à 600 emplois directs et avance également la création de plus de 1 200 postes indirects. Le calendrier de ces recrutements, les métiers concernés et la répartition entre les différentes phases du projet n’ont pas encore été détaillés.
Le volet professionnel occupe une place importante dans le dispositif présenté par l’entreprise. STI affirme travailler avec le secteur de la formation professionnelle afin d’adapter les qualifications aux besoins de l’usine. Un certificat spécialisé dans la fabrication et l’assemblage de smartphones a notamment été créé. L’entreprise s’est engagée à recruter les jeunes retenus à l’issue de leur parcours de qualification, selon les informations rapportées par Algérie Eco.
L’intégration locale reste à mesurer
Le partenariat conclu avec Vivo repose sur trois objectifs affichés : accroître l’intégration locale, transférer des technologies et des compétences, et améliorer la qualité des produits assemblés à Oran.
STI prévoit de fabriquer progressivement en Algérie les composants pouvant être produits localement. À ce stade, l’entreprise n’a cependant publié ni taux d’intégration précis, ni liste des pièces déjà fabriquées dans le pays, ni échéancier concernant la substitution des composants importés.
Les éléments rendus publics permettent seulement d’établir que les appareils sont assemblés sur le site d’Es-Sénia et que les logiciels qui leur sont destinés y sont intégrés. STI présente cette dernière opération comme une contribution à la sécurité numérique.
Un projet de recherche encore en préparation
L’entreprise souhaite également créer un service de recherche et développement, notamment consacré aux logiciels. Un accord de principe aurait été obtenu avec des centres de recherche universitaires afin de former une équipe algérienne spécialisée et de mobiliser les compétences issues des universités et des écoles nationales.
Ce département n’est cependant pas encore présenté comme opérationnel. Ses moyens, son calendrier de création et les projets qui lui seront confiés restent inconnus.
Les modèles Vivo appelés à sortir des lignes d’Oran n’ont pas davantage été annoncés. Aucun prix, calendrier de commercialisation ou réseau de distribution n’a été officiellement précisé. Ces données permettront de mesurer l’effet concret de la production locale sur l’offre disponible et sur les tarifs proposés aux consommateurs algériens.
L’usine d’Es-Sénia dispose désormais d’une capacité industrielle et d’un effectif déjà mobilisé. La portée du projet dépendra toutefois de la publication d’indicateurs vérifiables sur l’intégration locale, de la montée effective à 6 000 appareils par jour et de la concrétisation des recrutements annoncés.
