Selon l’enquête 2026 de l’UNEF, un étudiant extracommunautaire arrivant pour la première fois en France supporterait un reste à charge mensuel de 2 160,14 euros.
Deux chiffres très différents circulent sur le budget nécessaire pour étudier en France. Le premier, réglementaire, détermine les ressources dont un demandeur doit justifier pour obtenir son visa. Le second, calculé par l’Union nationale des étudiants de France, cherche à évaluer les dépenses restant réellement à la charge d’un profil type après déduction des aides éventuelles.
Dans son enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante, publiée en août 2026, le syndicat chiffre à 2 160,14 euros par mois le reste à charge d’un étudiant extracommunautaire qui s’installe pour la première fois en France. Sur une année entière, le montant atteindrait 25 921,67 euros.
Une estimation, pas une nouvelle condition du visa
Le chiffre de 2 160 euros ne constitue pas une somme imposée par l’administration française. Un candidat n’a donc pas à prouver qu’il dispose chaque mois de ce montant pour déposer une demande de visa étudiant.
Depuis le 1er août 2026, les dossiers doivent être accompagnés de justificatifs attestant d’au moins 877,50 euros de ressources mensuelles.
Pour une année, 877,50 euros par mois représentent 10 530 euros. Le demandeur ne doit pas nécessairement placer cette somme en une seule fois sur un compte : selon sa situation, les justificatifs peuvent prendre la forme d’un solde bancaire suffisant, de virements réguliers, d’une prise en charge par un tiers ou d’une attestation de bourse.
Le décret du 22 juin 2026 a remplacé l’ancien seuil de 615 euros par un montant équivalant à 47 % du Smic brut. Celui-ci doit désormais être actualisé au moins une fois par an et indexé sur l’inflation.
Ce que recouvre le chiffre de l’UNEF
L’UNEF ne présente pas les 2 160,14 euros comme un simple budget de logement et d’alimentation. Le syndicat utilise la notion de « reste à charge », obtenue en soustrayant les aides perçues de l’ensemble des dépenses retenues pour plusieurs profils types.
L’étude prend notamment en compte le logement, les transports, l’alimentation, les dépenses obligatoires et les frais liés aux études. Pour les étudiants extracommunautaires nouvellement arrivés, elle intègre également les effets des frais d’inscription différenciés et d’un accès plus limité aux aides sociales.
Un coût presque deux fois plus élevé
Le tableau de l’UNEF évalue à 1 101,66 euros par mois le reste à charge d’un étudiant français non boursier ayant quitté le domicile familial. Pour un étudiant français boursier à l’échelon 0 bis dans la même situation, il s’établit à 876,27 euros.
Le profil extracommunautaire primo-arrivant supporterait ainsi 1 058,48 euros supplémentaires chaque mois par rapport à l’étudiant français non boursier. L’écart atteint 96,08 %.
Comparé au profil français boursier, le surcoût calculé par le syndicat s’élève à 146,52 %. Un passage introductif du rapport mentionne cependant des taux légèrement différents, de 95,31 % et 145,21 %, sans expliquer cet écart. Les montants détaillés du tableau conduisent, eux, aux pourcentages de 96,08 % et 146,52 %.
Pour l’ensemble de la population étudiante, l’UNEF estime le reste à charge mensuel moyen à 1 300 euros en 2026, soit 74 euros de plus qu’en 2025. Le syndicat évalue l’augmentation annuelle du coût de la vie étudiante à 1,66 %.
Des frais universitaires pouvant approcher 4 000 euros
Les droits d’inscription différenciés pèsent fortement sur le budget de certains étudiants venant de pays extérieurs à l’Union européenne. Pour l’année universitaire 2026-2027, ils sont fixés à 2 902 euros en licence et à 3 950 euros en master, contre respectivement 178 et 255 euros pour les étudiants soumis aux droits nationaux.
Ces tarifs ne s’appliquent toutefois pas automatiquement à tous les ressortissants extracommunautaires. Des exemptions nationales existent et les universités peuvent accorder des exonérations supplémentaires, dans les limites prévues par la réglementation. Pour 2026-2027, le plafond des étudiants étrangers pouvant être exonérés par un établissement est fixé à 30 %, selon Service-Public.fr.
Un accès plus restreint aux aides au logement
Depuis le 1er juillet 2026, certains étudiants extracommunautaires ne peuvent plus bénéficier des aides personnelles au logement. La mesure concerne notamment les titulaires d’un visa ou d’un titre de séjour étudiant qui ne sont ni boursiers ni engagés dans une activité professionnelle répondant aux conditions prévues.
La suppression n’est donc pas générale pour tous les étudiants étrangers. La Caisse d’allocations familiales invite les personnes concernées à effectuer une simulation afin de vérifier leurs droits.
Cette évolution peut néanmoins augmenter fortement le reste à charge des nouveaux arrivants, le logement constituant le premier poste de dépenses. L’UNEF évalue le loyer mensuel moyen à 627,11 euros dans le parc privé et à 857 euros en Île-de-France.
Une règle particulière pour les étudiants algériens
Les étudiants algériens doivent eux aussi justifier d’au moins 877,50 euros par mois pour obtenir leur visa de long séjour étudiant. Après leur arrivée, leur situation relève notamment de l’accord franco-algérien et du certificat de résidence portant la mention « étudiant ».
Contrairement au régime général applicable à de nombreux étudiants étrangers, qui autorise une activité salariée accessoire dans la limite de 60 % de la durée annuelle de travail, les étudiants algériens sont limités à 50 %. Ils doivent également obtenir une autorisation de travail, comme le précise l’administration française.
