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Économie

Le gaz algérien rebondit et consolide sa place en Europe

La production nationale a atteint 54,01 milliards de mètres cubes au premier semestre 2026, son meilleur niveau depuis trois ans. Les exportations progressent également, portées par les gazoducs.

Screenshot Crédit photo : Sonatrach site officiel

La production nationale a atteint 54,01 milliards de mètres cubes au premier semestre 2026, son meilleur niveau depuis trois ans. Les exportations progressent également, portées par les gazoducs.

La production algérienne de gaz naturel retrouve des couleurs. Entre janvier et juin 2026, elle a augmenté de 4,2 % sur un an pour atteindre 54,01 milliards de mètres cubes, contre 51,81 milliards durant la même période de 2025, selon les données de la Joint Organisations Data Initiative.

Ce gain de 2,2 milliards de mètres cubes permet au pays d’enregistrer son premier rebond semestriel après deux années de recul. 

Un rebond encore irrégulier

La progression observée depuis le début de l’année ne s’est pas poursuivie au même rythme chaque mois. En juin, la production s’est établie à 8,17 milliards de mètres cubes, en baisse de 0,4 % par rapport au même mois de 2025.

Le bilan semestriel reste néanmoins favorable. Il confirme le redressement de l’offre algérienne après une production de 53,61 milliards de mètres cubes au premier semestre 2024, puis de 51,81 milliards un an plus tard, selon les chiffres rapportés par Algérie Eco.

Cette reprise intervient alors que plusieurs marchés européens cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. En 2025, l’Algérie a livré environ 20 milliards de mètres cubes de gaz à l’Italie, soit près de 30 % de la consommation italienne, d’après Reuters. Durant les deux premiers mois de 2026, elle a également représenté plus de 29 % des importations gazières espagnoles, acheminées notamment par Medgaz.

Aïn Tsila renforce les capacités de production

Parmi les investissements susceptibles d’avoir soutenu cette reprise figure le complexe gazier d’Aïn Tsila, dans le bassin d’Illizi. Inaugurée en août 2025, l’installation dispose de deux unités capables de traiter ensemble 12 millions de mètres cubes de gaz par jour, soit une capacité théorique d’environ 4,4 milliards de mètres cubes par an.

Le complexe peut aussi produire quotidiennement 1 800 tonnes de condensat et 1 600 tonnes de gaz de pétrole liquéfié. Il comprend une centrale électrique de 125 mégawatts et un réseau de canalisations long de 355 kilomètres, selon les informations publiées par Sonatrach.

Les gazoducs portent les exportations

Les ventes algériennes de gaz à l’étranger ont atteint 23,97 milliards de mètres cubes au premier semestre, contre 23,40 milliards un an auparavant. Leur progression s’établit ainsi à 2,4 %, un rythme inférieur à celui de la production.

Cette hausse repose principalement sur les livraisons par gazoduc vers l’Europe. En juin, elles ont atteint 3,06 milliards de mètres cubes, contre 2,95 milliards au même mois de 2025. Les infrastructures reliant l’Algérie à l’Italie et à l’Espagne restent donc au cœur de la stratégie d’exportation du pays.

Le constat est moins favorable pour le gaz naturel liquéfié. Les exportations de GNL ont reculé de 6,5 % au cours des six premiers mois de l’année, à 4,47 millions de tonnes. 

La demande intérieure absorbe une grande partie du gain

Le principal défi demeure la progression de la consommation nationale. Celle-ci a augmenté de 6,3 % pour atteindre 28,49 milliards de mètres cubes au premier semestre, contre 26,81 milliards un an plus tôt. Elle représente désormais près de 53 % de la production.

À elle seule, la hausse de la demande intérieure équivaut à environ trois quarts du gain de production enregistré sur un an. Cette évolution réduit mécaniquement les quantités supplémentaires disponibles pour l’exportation, alors que le gaz conserve une place centrale dans la production d’électricité en Algérie.

La mise en service de nouvelles centrales solaires doit progressivement réduire cette pression. Deux installations totalisant 400 mégawatts ont été inaugurées en mai 2026, dans le cadre d’un programme visant 3,2 gigawatts de capacités photovoltaïques à l’horizon 2027.

De nouveaux investissements pour préserver les volumes

Sonatrach prévoit de consacrer 75 % de son programme d’investissement 2026-2030, évalué à près de 60 milliards de dollars, à l’exploration et à la production. Le groupe projette notamment de forer environ 500 puits d’exploration et 950 puits de développement, tout en réalisant 6 300 interventions sur des puits existants, selon Algérie Eco.

À Hassi R’Mel, principal gisement gazier du pays, un vaste programme de compression doit permettre de maintenir la production à 188 millions de mètres cubes par jour et de récupérer, à terme, 121 milliards de mètres cubes supplémentaires. Les trois unités prévues doivent entrer progressivement en service entre octobre 2026 et avril 2027, précise Sonatrach.

Avec une production au plus haut depuis trois ans et des ventes extérieures de nouveau orientées à la hausse, l’Algérie renforce sa position de fournisseur énergétique.