L’interdiction du téléphone portable s’étend à l’ensemble des lycées français à la rentrée 2026-2027. Les établissements devront définir leurs propres modalités d’application et prévoir des exceptions limitées.
À l’approche de la rentrée, la règle change pour les lycéens. La loi du 24 août 2026, publiée le lendemain au Journal officiel, interdit l’utilisation des téléphones portables et des autres équipements connectés dans tous les lycées.
La mesure s’applique également aux activités liées à l’enseignement organisées à l’extérieur de l’établissement. Elle ne prohibe toutefois pas la possession d’un téléphone. Un élève pourra donc l’emporter au lycée, mais devra respecter le système retenu par son établissement.
L’interdiction devient la règle
Jusqu’à présent, chaque lycée pouvait décider de limiter ou d’interdire l’usage du portable dans tout ou partie de ses locaux. À compter de la rentrée 2026-2027, le principe est inversé : l’utilisation devient interdite, sauf dérogation expressément prévue.
Cette évolution modifie l’article L. 511-5 du Code de l’éducation. Elle harmonise les règles applicables tout au long de la scolarité, le téléphone étant déjà interdit dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges.
La mesure concerne également les autres équipements permettant de communiquer. Son application ne sera cependant pas identique partout, chaque établissement conservant une marge d’organisation.
Casiers, boîtes ou pochettes verrouillées
Les lycées doivent inscrire dans leur règlement intérieur les conditions concrètes de l’interdiction. Le vadémécum publié par le ministère de l’Éducation nationale propose plusieurs solutions.
Les élèves pourront notamment déposer leur appareil dans un casier individuel, le placer dans une boîte collective à la demande d’un membre du personnel ou le ranger dans une pochette verrouillée jusqu’à leur sortie. Un établissement pourra également retenir un autre dispositif adapté à son fonctionnement.
Aucune méthode unique n’est donc imposée à l’échelle nationale. Les lycées peuvent aussi adopter le dispositif « Portable en pause », déjà utilisé dans certains collèges. Selon une enquête interne du ministère réalisée en janvier 2026, 28 % des lycées interrogés avaient déjà instauré un système équivalent avant cette rentrée.
Des exceptions pour la santé et l’enseignement
L’interdiction comporte plusieurs dérogations. Les élèves présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant pourront continuer à utiliser les équipements nécessaires à leur prise en charge.
Le règlement intérieur pourra également autoriser certains usages pédagogiques. Des aménagements sont possibles pour répondre au fonctionnement du centre de documentation et d’information, de la restauration, de l’internat ou à d’autres contraintes propres à l’établissement.
Des règles particulières pourront aussi être fixées lors des voyages scolaires. Dans les lycées accueillant des formations supérieures, comme des classes préparatoires ou des sections de technicien supérieur, les étudiants pourront bénéficier d’un régime distinct.
Le contact avec les familles doit être organisé
La mesure soulève une question sensible pour les parents : comment joindre un adolescent pendant le temps scolaire, notamment en cas d’urgence ?
Les chefs d’établissement devront préciser dans le règlement intérieur les procédures permettant aux élèves et à leurs responsables légaux de communiquer en cas de nécessité. Le ministère cite notamment les urgences médicales et les sorties anticipées.
Pour les internes, les conditions d’utilisation du téléphone devront également être détaillées. Des plages horaires spécifiques pourront être accordées sous la responsabilité des personnels d’éducation ou de surveillance.
Une confiscation limitée dans le temps
Le non-respect de l’interdiction pourra entraîner la confiscation de l’appareil par un membre de la direction, un enseignant ou un personnel d’éducation ou de surveillance. Les modalités de retrait et de restitution devront figurer dans le règlement intérieur.
La confiscation ne pourra pas se prolonger au-delà de la fin des activités d’enseignement de la journée. Selon la gravité ou la répétition du manquement, une autre punition, voire une procédure disciplinaire, pourra être engagée. La réponse devra rester graduée et proportionnée.
Concentration et lutte contre le cyberharcèlement
Le ministère de l’Éducation nationale présente cette interdiction comme un moyen de favoriser l’attention en classe, les échanges entre élèves et la qualité des apprentissages. Il estime également qu’elle peut réduire les risques de cyberharcèlement et la diffusion de contenus violents pendant le temps scolaire.
