Réuni sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, le Haut Conseil de sécurité a annoncé trois orientations majeures. Elles concernent les enquêtes sur les incendies, la création d’une structure antidrogue et l’ouverture d’une prison de haute sécurité dans le Sahara.
L’Algérie veut renforcer son dispositif sécuritaire face aux incendies volontaires et au trafic de stupéfiants. Le Haut Conseil de sécurité, réuni mercredi 2 septembre sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, a examiné ces deux dossiers ainsi que la situation générale dans le pays et les États voisins.
Le communiqué publié dans la soirée annonce plusieurs décisions. Leur mise en œuvre nécessitera toutefois des mesures juridiques, réglementaires et administratives qui n’ont pas encore été détaillées.
Les conclusions des enquêtes attendues
Le Conseil a d’abord examiné l’avancement des investigations ouvertes après les incendies meurtriers ayant touché plusieurs wilayas de l’est et du centre du pays.
Ces enquêtes associent des investigations sécuritaires et scientifiques conduites par la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale. Leurs conclusions doivent être communiquées lors d’une prochaine réunion conjointe des deux institutions.
La peine capitale de nouveau évoquée
Le Haut Conseil de sécurité a également insisté sur l’application de la peine de mort aux auteurs d’incendies volontaires.
Cette orientation prolonge la décision annoncée le 30 août par Abdelmadjid Tebboune. Le président avait demandé une modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de prévoir la peine capitale avec exécution pour les personnes reconnues coupables de tels actes.
L’annonce ne signifie pas que les exécutions peuvent reprendre immédiatement. Le projet doit être traduit dans la législation, puis suivre la procédure prévue avant son entrée en vigueur. Toute condamnation resterait par ailleurs soumise à une décision de justice et aux voies de recours.
L’Algérie conserve la peine de mort dans son droit, mais n’a procédé à aucune exécution depuis 1993. Le pays observe depuis cette date un moratoire de fait, même si les juridictions continuent de prononcer des condamnations capitales.
Une nouvelle structure contre le narcotrafic
Le Conseil a décidé la création d’un organisme sécuritaire spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue. Le communiqué évoque des structures comparables existant dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, sans retenir officiellement de nom ni préciser son organisation.
Son rattachement, ses pouvoirs d’enquête, ses effectifs, son budget et son calendrier de mise en place n’ont pas été annoncés. Il reste également à déterminer comment cette nouvelle structure travaillera avec la police, la Gendarmerie nationale, les douanes et les autres services déjà engagés dans la lutte contre les stupéfiants.
L’Algérie dispose déjà d’un Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, créé en 1997. Cet organisme intervient notamment dans la coordination, l’analyse, la prévention et le suivi de la stratégie nationale. Le communiqué ne précise pas la répartition future des missions entre cet office et le nouvel organe sécuritaire.
Une prison de haute sécurité dans le Tanezrouft
La seconde mesure liée au narcotrafic concerne la politique carcérale. Une caserne de l’Armée nationale populaire située dans le Tanezrouft, dans le Grand Sahara, doit être transformée en établissement pénitentiaire de haute sécurité.
Cette prison est destinée, selon le communiqué, aux principaux responsables des réseaux de drogue et aux trafiquants. Aucun calendrier d’ouverture, aucune capacité d’accueil et aucune information sur l’autorité chargée de sa gestion n’ont été communiqués.
Les décisions du Haut Conseil de sécurité fixent ainsi une nouvelle ligne en matière de lutte contre les incendies volontaires et le narcotrafic. Leur portée concrète dépendra désormais de la publication des enquêtes, de l’adoption des textes nécessaires et de la mise en service effective des nouvelles structures annoncées.
