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Israël Katz veut organiser le départ des Gazaouis avec l’aval des États-Unis

Le ministre israélien de la Défense affirme que son gouvernement est prêt à faire sortir les Palestiniens de Gaza « par la mer et par les airs ». Ce projet, conditionné à un feu vert américain, ravive les inquiétudes concernant un déplacement forcé de la population.

Crédit : photo by majdi fathi
Crédit : photo by majdi fathi Crédit photo : photo by majdi fathi

Le ministre israélien de la Défense affirme que son gouvernement est prêt à faire sortir les Palestiniens de Gaza « par la mer et par les airs ». Ce projet, conditionné à un feu vert américain, ravive les inquiétudes concernant un déplacement forcé de la population.

Le projet de transférer les Palestiniens hors de la bande de Gaza reste sur la table, selon Israël Katz. Lors d’une conférence organisée mercredi 2 septembre par le site Ynet et le quotidien Yedioth Ahronoth, le ministre israélien de la Défense a assuré que son gouvernement disposait déjà des moyens nécessaires pour organiser ces départs.

« En définitive, il n’existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration », a déclaré Israël Katz. Il affirme cependant qu’Israël ne pourra appliquer ce projet qu’avec l’appui des États-Unis.

Des départs « par la mer et par les airs »

Le ministre a indiqué que le gouvernement israélien était « organisé » et prêt à faire sortir les habitants de l’enclave « par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles ».

Israël Katz a précisé que l’Égypte refusait que ces déplacements soient organisés par son territoire. Les autres pays susceptibles d’accueillir des Palestiniens réclameraient, selon lui, un soutien politique et financier de Washington.

En février 2025, Israël avait créé au sein de son ministère de la Défense une structure chargée de faciliter ce que les autorités israéliennes qualifiaient d’« émigration volontaire». Israël Katz assure que ce dispositif reste opérationnel et pourrait être activé si les conditions politiques le permettent.

Un chiffre de 80 % sans source détaillée

Israël Katz a également affirmé que « 80 % » des habitants de Gaza souhaiteraient quitter le territoire, mais que le Hamas les en empêcherait. Il a évoqué différents sondages sans identifier les organismes qui les auraient réalisés ni préciser leur méthodologie. Ce chiffre ne peut donc pas être vérifié à partir des informations rendues publiques.

La volonté exprimée par une personne de quitter temporairement un territoire dévasté ne signifie pas nécessairement qu’elle accepte un déplacement définitif. Cette distinction est au centre des critiques adressées aux projets israéliens d’« émigration volontaire », alors que les conditions de vie à Gaza ont été profondément dégradées par la guerre.

Le projet de Donald Trump seulement « suspendu »

Les déclarations d’Israël Katz renvoient directement à une proposition avancée par Donald Trump au début de l’année 2025. Le président américain avait alors suggéré que l’Égypte et la Jordanie accueillent les habitants de Gaza, temporairement ou durablement, afin de « faire le ménage » dans l’enclave.

Cette proposition avait suscité un rejet immédiat des dirigeants palestiniens ainsi que de plusieurs pays arabes. L’Égypte et la Jordanie avaient réaffirmé leur opposition à tout déplacement des Palestiniens hors de leur territoire.

Selon Israël Katz, Donald Trump « n’a pas renoncé à son idée, il l’a seulement suspendue » sous la pression des pays arabes. « Mais le plan n’est pas remisé, il fait l’objet de discussions en permanence, même en ce moment », a-t-il assuré.

Le plan américain exclut officiellement les départs forcés

Les propos d’Israël Katz semblent également entrer en contradiction avec le plan présenté par la Maison-Blanche en septembre 2025 pour mettre fin à la guerre.

Ce texte prévoit qu’aucun habitant ne doit être contraint de quitter Gaza. Les personnes souhaitant partir doivent pouvoir le faire librement et conserver la possibilité de revenir. Le plan affirme également que les Gazaouis doivent être encouragés à rester afin de participer à la reconstruction du territoire.

Israël Katz considère néanmoins que le projet de départ pourrait être relancé si le Hamas ne respectait pas ses obligations dans le cadre du processus soutenu par Washington.

« Quand donneront-ils leur accord ? Lorsqu’il deviendra clair que le Hamas ne remplit pas ses obligations », a-t-il déclaré à propos des États-Unis. Il estime qu’Israël obtiendrait alors un feu vert pour avancer sur les plans militaire, territorial et migratoire.

Un déplacement forcé interdit par le droit international

Le départ volontaire d’un habitant n’est pas interdit. En revanche, le transfert contraint d’une population hors d’un territoire occupé est prohibé par la quatrième Convention de Genève.

La notion de contrainte ne se limite pas à l’usage direct de la force. Elle peut également couvrir des départs provoqués par la peur, les violences, la privation de biens essentiels ou l’exploitation d’un environnement devenu invivable. Selon plusieurs spécialistes du droit international, un déplacement organisé dans de telles conditions pourrait constituer un crime de guerre ou un crime contre l’humanité.

En février 2025, le secrétaire général de l’ONU avait appelé à éviter toute forme de nettoyage ethnique après les premières déclarations de Donald Trump. Son porte-parole avait estimé qu’un déplacement forcé de population pouvait relever d’une telle qualification. Des experts des Nations unies avaient également jugé illégal tout projet visant à expulser les Palestiniens de Gaza et à les priver de leur droit à l’autodétermination.

Aucun feu vert américain à ce stade

Les déclarations d’Israël Katz confirment que des responsables israéliens continuent de défendre le départ massif des Gazaouis comme une solution politique pour l’après-guerre. Elles ne constituent toutefois pas l’annonce d’une opération approuvée ou imminente.

Aucun accord américain, aucun pays d’accueil et aucun mécanisme garantissant des départs réellement volontaires n’ont été présentés. Le plan officiellement publié par Washington affirme au contraire que les Palestiniens doivent pouvoir rester à Gaza ou y retourner après un départ.