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Gaza : huit pays musulmans rejettent tout projet d’expulsion des Palestiniens

L’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan et l’Indonésie condamnent les appels de ministres israéliens au départ des habitants de Gaza. Les huit pays réaffirment leur soutien à la création d’un État palestinien. Washington dément soutenir un déplacement forcé de la population.

Crédit : photo by majdi fathi
Crédit : photo by majdi fathi Crédit photo : photo by majdi fathi

L’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan et l’Indonésie condamnent les appels de ministres israéliens au départ des habitants de Gaza. Les huit pays réaffirment leur soutien à la création d’un État palestinien. Washington dément soutenir un déplacement forcé de la population.

La pression diplomatique monte autour de l’avenir de la bande de Gaza. Huit pays arabes et musulmans ont publié dimanche 6 septembre une déclaration commune condamnant les propos de deux membres du gouvernement israélien favorables au départ des Palestiniens de l’enclave.

Le texte est signé par les ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar, de la Turquie, du Pakistan et de l’Indonésie.

Les signataires visent directement le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, ainsi que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. 

Un rejet catégorique du déplacement des Palestiniens

Dans leur déclaration commune, les huit pays condamnent toute tentative visant à déplacer les Palestiniens à l’intérieur ou à l’extérieur des territoires occupés.

Ils considèrent que les propositions israéliennes constituent une violation du droit international et du droit international humanitaire. Elles menaceraient également les droits du peuple palestinien et la stabilité de l’ensemble de la région.

Les ministres mettent en garde contre la transformation de ces appels en politique officielle. De telles mesures « remettent directement en cause les efforts internationaux » engagés pour parvenir à la paix, affirment-ils.

Les huit pays demandent notamment au Conseil de sécurité des Nations unies de s’opposer à toute tentative visant à imposer une nouvelle réalité démographique ou géographique dans les territoires palestiniens occupés.  

Gaza présentée comme une partie de l’État palestinien

Les signataires rappellent que la bande de Gaza constitue une partie intégrante des territoires palestiniens occupés. Ils défendent le maintien de l’unité entre Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Ils réaffirment également leur soutien à une solution à deux États. Leur position prévoit la création d’un État palestinien indépendant sur la base des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Israel Katz évoque un départ par la mer et les airs

La réaction diplomatique fait suite aux déclarations d’Israel Katz. Le ministre israélien de la Défense estime qu’il n’existe pas de véritable solution pour Gaza sans le départ d’une partie importante de sa population.

Lors d’une conférence organisée par le média israélien Ynet et le quotidien Yedioth Ahronoth, il a affirmé qu’Israël était prêt à faire sortir les habitants de Gaza « par toutes les voies possibles », notamment par la mer et les airs.

Israel Katz a toutefois conditionné la mise en œuvre d’un tel projet à un soutien américain. Il affirme que l’idée reste discutée et que Donald Trump l’aurait suspendue sans l’abandonner définitivement. Aucun feu vert officiel des États-Unis n’a cependant été confirmé.  

L’Égypte refuse depuis le début de la guerre toute installation massive de Palestiniens sur son territoire. Le Caire estime qu’un déplacement vers le Sinaï entraînerait la disparition progressive de la question palestinienne et compromettrait définitivement la solution à deux États.

Un projet également porté par Itamar Ben-Gvir

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a présenté de son côté un plan étalé sur plusieurs années. Celui-ci prévoit la création d’un ministère chargé de ce que le responsable d’extrême droite appelle l’« émigration volontaire ».

Son parti évoque le départ de 250 000 Palestiniens durant la première année, avant une extension du dispositif au reste de la population. Plusieurs pays, dont la Turquie, l’Éthiopie et la République démocratique du Congo, ont été cités comme destinations possibles, sans accord annoncé de leur part.

Les responsables israéliens favorables à ce projet parlent d’un départ volontaire. Les pays signataires de la déclaration commune considèrent au contraire que les conditions de vie à Gaza et les destructions provoquées par la guerre rendent cette notion de consentement contestable.

Le droit international interdit les transferts forcés et les déportations de personnes protégées depuis un territoire occupé. Cette interdiction figure notamment dans l’article 49 de la quatrième Convention de Genève.  

Washington nie l’existence d’un plan d’expulsion forcée

Les États-Unis ont pris leurs distances avec les déclarations des deux ministres israéliens. Le département d’État affirme que Washington ne soutient aucun projet de déplacement forcé, d’expulsion ou de transfert obligatoire de la population de Gaza.

L’administration américaine assure que les habitants qui souhaiteraient quitter temporairement le territoire devraient pouvoir revenir et que personne ne doit être contraint au départ.

L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a également déclaré qu’il n’existait aucun plan israélien visant à déplacer les habitants de Gaza contre leur volonté.