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Économie

Saidal s’attaque aux 75 milliards de dinars d’importations d’antibiotiques

Le groupe public accélère la remise en service de son unité de Harbil, à Médéa, destinée à fabriquer des matières premières pour les antibiotiques. Le projet pourrait réduire une lourde facture d’importation.

Crédit photo : D.R

Le groupe public accélère la remise en service de son unité de Harbil, à Médéa, destinée à fabriquer des matières premières pour les antibiotiques. Le projet pourrait réduire une lourde facture d’importation.

Saidal veut remonter la chaîne de production pharmaceutique. Son directeur général, Younes Bouarara, a inspecté lundi 24 août le chantier de l’usine de Harbil, dans la wilaya de Médéa. L’unité doit fournir localement des matières premières aujourd’hui achetées à l’étranger.

Le ministère de l’Industrie pharmaceutique présente ce projet comme un levier pour renforcer les capacités nationales, couvrir les besoins du marché algérien et, à terme, exporter les excédents.

Une capacité annoncée de 750 tonnes

Le projet porte sur la réhabilitation d’un atelier du complexe Antibiotical de Médéa, resté à l’arrêt pendant plus de quinze ans. En février 2024, Saidal avait signé un partenariat avec le groupe indien Octavius Pharma pour relancer la production.

La dernière capacité communiquée par Saidal s’élevait à 750 tonnes de matières premières par an. Ce chiffre n’a toutefois pas été actualisé dans le communiqué publié après la visite du 24 août 2026.

En mars 2025, le ministre de l’Industrie pharmaceutique avait estimé que les besoins algériens représentaient environ un quart de cette capacité. Sur la base des 750 tonnes annoncées, près de 187,5 tonnes seraient donc destinées au marché national et jusqu’à 562,5 tonnes pourraient être orientées vers l’exportation.

Jusqu’à 75,4 milliards de dinars en jeu

Selon les chiffres avancés par Saidal, l’Algérie consacre chaque année 75,4 milliards de dinars aux importations liées aux antibiotiques. Cette somme représente le plafond théorique des achats extérieurs auxquels la production locale pourrait se substituer.

Une réduction de 10 % de cette facture correspondrait à 7,54 milliards de dinars d’importations évitées. Un taux de remplacement de 25 % représenterait 18,85 milliards de dinars, tandis qu’une couverture de la moitié des besoins permettrait de réduire les achats extérieurs de 37,7 milliards de dinars.

Des matières premières pour plusieurs formes de médicaments

L’unité de Harbil doit produire des principes actifs et d’autres composants nécessaires à la fabrication d’antibiotiques. Ces substances constituent l’élément thérapeutique des médicaments avant leur transformation et leur conditionnement.

Le complexe Antibiotical de Médéa est historiquement spécialisé dans les antibiotiques pénicilliniques et non pénicilliniques, déclinés sous différentes formes, notamment les comprimés, les sirops, les produits injectables et les crèmes.

La liste exacte des molécules qui sortiront du nouvel atelier n’a toutefois pas été rendue publique. Saidal n’a notamment pas précisé quels principes actifs seront fabriqués en priorité ni quels médicaments produits par le groupe ou par d’autres laboratoires algériens en bénéficieront.

La production locale de ces composants doit réduire la dépendance des fabricants nationaux vis-à-vis des fournisseurs étrangers. Elle pourrait également sécuriser l’approvisionnement en cas de tension sur les chaînes logistiques internationales.