L’agence officielle algérienne affirme que TF1 et France Télévisions prépareraient des sujets favorables à Ayoub Aïssiou, détenu en Espagne dans le cadre d’une procédure d’extradition réclamée par Alger.
Une nouvelle bataille médiatique se dessine-t-elle entre Alger et Paris ? L’Algérie Presse Service a vivement mis, ce samedi 29 août, en cause TF1 et France Télévisions, accusées de préparer une campagne en faveur de l’homme d’affaires et ancien propriétaire de chaîne de télévision Ayoub Aïssiou.
Dans une dépêche, l’agence officielle présente les deux groupes audiovisuels comme les relais d’une nouvelle opération hostile à l’Algérie. Elle leur prête également l’intention de peser sur la procédure judiciaire en cours en Espagne.
Une « offensive médiatique » dénoncée par l’APS
L’agence algérienne affirme s’appuyer sur des « informations concordantes ». Selon sa version, TF1 et France Télévisions s’apprêteraient à lancer une « offensive médiatique » destinée à défendre Ayoub Aïssiou.
L’APS va plus loin en présentant ces éventuels reportages comme une tentative visant à « influencer la justice espagnole ». Elle accuse ainsi ce qu’elle appelle la « machine de propagande française » de soutenir des personnes recherchées ou condamnées par la justice algérienne.
Qui est Ayoub Aïssiou ?
Ayoub Aïssiou est un homme d’affaires algérien et l’ancien propriétaire de la chaîne privée El Djazairia One. Il a été interpellé le 25 juillet à l’aéroport de Barcelone-El Prat sur la base d’un mandat émis par la justice algérienne.
Présenté à un magistrat de l’Audiencia Nacional, la juridiction espagnole compétente pour les procédures d’extradition, il a été placé en détention provisoire. La justice espagnole doit désormais décider s’il peut être remis aux autorités algériennes.
Selon la presse espagnole, sa défense conteste la demande algérienne et soutient que les poursuites auraient une motivation politique. Elle met également en avant sa qualité de demandeur d’asile en France.
De son côté, l’APS le présente comme un fugitif condamné par la justice algérienne pour plusieurs infractions, notamment le vol, la dilapidation de deniers publics, le blanchiment d’argent et la spoliation de biens. L’agence lui attribue aussi le financement d’acteurs qualifiés de subversifs.
Une mobilisation pour empêcher son extradition
L’affaire avait déjà pris une dimension médiatique. Une vingtaine de personnalités françaises ont signé une lettre adressée à Emmanuel Macron et au chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, pour demander la libération d’Ayoub Aïssiou et s’opposer à son transfert vers l’Algérie.
Selon La Vanguardia, les signataires considèrent l’ancien propriétaire d’El Djazairia One comme un journaliste et un opposant exposé à des risques en cas d’extradition.
Un comité international de soutien a également été constitué. Sur son site consacré à l’affaire, celui-ci affirme qu’Ayoub Aïssiou réside en France depuis 2019 et que sa demande d’asile y est en cours d’examen.
