Avec des réserves remplies à 53 %, contre 65 % en moyenne dans l’Union européenne, l’Allemagne cherche à renforcer ses relations énergétiques avec l’Algérie. En visite à Alger, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a plaidé pour des contrats gaziers de long terme, sans annoncer de nouvel accord pour l’hiver prochain.
À l’approche de la saison froide, Berlin accélère sa recherche de fournisseurs stables. Mardi 1er septembre, à Alger, Johann Wadephul a présenté l’Algérie comme un partenaire susceptible d’aider l’Allemagne à diversifier durablement ses importations de gaz.
Le chef de la diplomatie allemande s’est exprimé avant une rencontre avec le ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération et des partenariats économiques entre les deux pays.
Berlin recherche des contrats de long terme
« Nous avons besoin de contrats de livraison de gaz à long terme », a déclaré Johann Wadephul, qualifiant l’Algérie de « partenaire fiable ». Pour le ministre, la diversification demeure indispensable depuis la rupture presque totale des approvisionnements énergétiques russes, notamment dans le secteur gazier.
Cette stratégie a pris une importance supplémentaire avec les tensions autour du détroit d’Ormuz, qui ont contribué à la hausse des prix de l’énergie. L’Allemagne dépend désormais davantage du gaz norvégien, des importations transitant par ses voisins européens et du gaz naturel liquéfié, dont les cours sont plus sensibles aux fluctuations du marché mondial.
Johann Wadephul a également insisté sur l’intérêt économique mutuel d’un rapprochement avec Alger. « Les deux ont un grand intérêt, aussi parce qu’elles recherchent naturellement, de leur côté, des partenaires économiques, des partenaires solides en Europe », a-t-il expliqué en évoquant l’Algérie et la Tunisie, autre étape de son déplacement régional.
Des réserves allemandes remplies à 53 %
Au moment de la visite, les installations allemandes de stockage étaient remplies à environ 53 %, selon les données de la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory. La moyenne observée dans l’Union européenne atteignait alors 65 %.
Ce niveau inférieur à celui de plusieurs pays européens nourrit les préoccupations sur l’évolution des prix et sur la capacité du marché à reconstituer les réserves avant l’hiver. Il ne signifie cependant pas qu’une pénurie soit annoncée. Le gouvernement allemand estime que la sécurité de l’approvisionnement ne dépend pas uniquement du taux de remplissage, mais également des importations continues, des terminaux de gaz naturel liquéfié et des interconnexions européennes.
Les autorités allemandes ont relevé une accélération des injections à la fin du mois d’août, favorisée par une évolution plus favorable des prix et par une demande asiatique moins forte en GNL.
Des objectifs de stockage assouplis
Depuis la crise énergétique provoquée par l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’Allemagne impose des seuils de remplissage aux exploitants de ses installations souterraines.
La plupart des sites doivent atteindre au moins 80 % de leur capacité au 1er novembre. Six installations, soumises à des contraintes techniques ou géographiques particulières, bénéficient toutefois d’un objectif réduit à 45 %. À l’échelle nationale, ces règles correspondent à un taux moyen proche de 70 %.
Les exigences ont été assouplies en 2025. Berlin considérait alors que la diversification des importations et la mise en service de terminaux de GNL avaient réduit le risque pesant sur l’approvisionnement.
Une coopération gazière déjà engagée
Le rapprochement énergétique entre Alger et Berlin ne débute pas avec la visite de Johann Wadephul. En février 2024, VNG est devenue la première entreprise allemande à acheter directement du gaz algérien dans le cadre d’un contrat conclu avec Sonatrach.
Les deux groupes ont renforcé leur coopération en juillet 2026 avec la signature d’un nouvel accord. Celui-ci doit permettre d’accroître les livraisons destinées au marché allemand à partir du 1er janvier 2027. Ni Sonatrach ni VNG n’ont rendu public le volume prévu.
L’Algérie renforce sa place sur le marché européen
L’Algérie figure parmi les principaux fournisseurs de gaz par gazoduc de l’Union européenne. Ses exportations alimentent notamment l’Italie et l’Espagne, tandis que la réduction des flux russes a accru son importance dans la stratégie de diversification du continent.
Alger et Madrid ont également conclu, en juillet 2026, un accord politique visant à augmenter les livraisons algériennes vers le marché espagnol.
Pour l’Allemagne, le gaz algérien représente ainsi une source supplémentaire dans un système désormais fondé sur plusieurs fournisseurs.
