Avec 11 551 acquisitions recensées en 2025, les ressortissants algériens occupent la deuxième place des principales nationalités d’origine des nouveaux Français. Ils se situent derrière les Marocains, dans un contexte de recul général des naturalisations.
Les Algériens restent parmi les premiers bénéficiaires de l’accès à la nationalité française. D’après l’édition 2026 de L’Essentiel de l’immigration, consacrée aux données de 2025, ils représentent 12 % des étrangers devenus français par décret ou par déclaration au cours de l’année.
Publiée le 25 août 2026 par le Département des études, des statistiques et de la documentation de la Direction générale des étrangers en France, cette étude détaille les différentes procédures d’acquisition et leur évolution par rapport à 2024.
Plus de 11 500 Algériens devenus français
Au total, 11 551 ressortissants algériens ont acquis la nationalité française en 2025 par l’une des procédures prises en compte dans le classement officiel. L’Algérie arrive derrière le Maroc, qui compte 13 643 acquisitions, soit 14,2 % du total étudié.
La Tunisie se classe troisième avec 6 978 nouveaux Français, devant la Turquie avec 4 175 acquisitions. Suivent notamment la Côte d’Ivoire, avec 2 653 personnes, le Sénégal, avec 2 422, et le Mali, avec 2 347.
Le classement porte sur 96 158 acquisitions prononcées par décret ou par déclaration. Il inclut les enfants devenus français par effet collectif avec leurs parents, mais exclut 1 981 acquisitions intervenues sans formalité.
En intégrant l’ensemble des procédures, y compris ces acquisitions automatiques, 98 139 personnes ont obtenu la nationalité française en 2025. Cette distinction explique la présence de deux totaux différents dans les statistiques officielles.
Un recul de 3,8 % pour les Algériens
Le nombre d’Algériens devenus français a diminué par rapport à l’année précédente. En 2024, ils étaient 12 002, contre 11 551 en 2025, soit une baisse de 3,8 %.
Cette évolution reste toutefois moins marquée que le recul enregistré pour plusieurs autres nationalités. Les acquisitions ont diminué de 5,6 % pour les Marocains, de 13,6 % pour les Turcs et de 21,6 % pour les Congolais. Les Tunisiens connaissent une baisse identique à celle des Algériens, à 3,8 %.
Les dix principales nationalités d’origine sont toutes concernées par une diminution. Leur part dans l’ensemble des acquisitions est passée de 52,7 % en 2024 à 51,9 % en 2025.
Le décret reste la première voie pour les Algériens
Les procédures utilisées par les ressortissants algériens sont relativement réparties. L’acquisition par décret représente 42,4 % du total. Cette catégorie regroupe principalement les naturalisations décidées par l’administration ainsi que les réintégrations dans la nationalité française.
Les déclarations fondées sur le mariage, l’ascendance ou la qualité de frère ou sœur d’un Français représentent 27 % des acquisitions enregistrées pour les Algériens.
Les déclarations anticipées comptent pour 29,7 %. Cette procédure concerne les jeunes étrangers nés en France. Sous certaines conditions de résidence, ils peuvent demander la nationalité dès l’âge de 16 ans, ou à partir de 13 ans par l’intermédiaire de leurs parents. Les autres formes de déclaration représentent 0,9 % du total algérien.
La répartition est proche de celle observée chez les Marocains et les Tunisiens. Elle se distingue notamment de la situation des ressortissants turcs, pour lesquels les déclarations anticipées représentent près de huit acquisitions sur dix.
Moins de naturalisations par décret
Toutes nationalités confondues, 98 139 personnes ont acquis la nationalité française en 2025, contre 103 661 en 2024. Le recul atteint 5,3 %.
Cette baisse provient principalement des acquisitions par décret. Leur nombre est passé de 48 829 à 42 246 en un an, soit une diminution de 13,5 %. Parmi les bénéficiaires figuraient 9 196 enfants mineurs devenus français par effet collectif avec leurs parents.
La DGEF relie notamment cette évolution à la circulaire du 2 mai 2025, qui a renforcé les conditions de naturalisation. Ce texte insiste sur le respect de la loi et des valeurs de la République, la qualité du parcours d’intégration ainsi que l’existence d’une insertion professionnelle durable et de ressources stables.
Les acquisitions par mariage progressent
À l’inverse, les acquisitions relevant d’une déclaration traitée par le ministère de l’Intérieur ont augmenté de 11,6 %, pour atteindre 19 989.
Cette progression est principalement portée par les déclarations liées au mariage. Leur nombre s’établit à 17 579 en 2025, contre 15 910 un an auparavant, soit une hausse de 10,5 %.
Les acquisitions en qualité d’ascendant d’un Français ou de frère ou sœur d’un Français ont également progressé. Elles atteignent 2 410, en augmentation de 20,1 % sur un an.
Les déclarations anticipées concernant les jeunes âgés de 13 à 17 ans ont en revanche reculé de 5,3 %, avec 32 923 acquisitions. Les autres déclarations, au nombre de 1 000, ont diminué de 3,6 %.
Près de six nouveaux Français sur dix originaires d’Afrique
Les pays africains restent largement représentés parmi les principales nationalités d’origine. Ils concentrent 59 % des acquisitions par décret et par déclaration en 2025.
Les trois pays du Maghreb francophone — Maroc, Algérie et Tunisie — totalisent à eux seuls 32 172 acquisitions. Ils représentent ainsi plus d’un tiers des personnes prises en compte dans le classement officiel.
Les nouveaux Français sont également relativement jeunes. Selon la DGEF, 48 % ont moins de 25 ans et 20 % sont âgés de 25 à 34 ans. Les femmes constituent 52 % de l’ensemble. Elles accèdent plus souvent à la nationalité par le mariage, tandis que les hommes sont davantage représentés parmi les acquisitions par décret ou par déclaration anticipée.
