Régularisation de certaines catégories de sans-papiers, maintien des éloignements dans les autres situations et révision des accords du Touquet : Mathilde Panot a détaillé plusieurs propositions migratoires de La France insoumise pour l’élection présidentielle de 2027.
L’immigration s’impose une nouvelle fois dans la campagne présidentielle française. Après les propositions de durcissement avancées par la droite et le Rassemblement national, La France insoumise commence à préciser son propre projet.
Invitée dimanche 6 septembre du Grand Oral 2027 de BFMTV et du Figaro, Mathilde Panot a défendu la régularisation de plusieurs catégories de personnes actuellement dépourvues de titre de séjour. La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale a également contesté l’idée d’une France submergée par l’immigration.
Trois catégories de sans-papiers concernées
Mathilde Panot a annoncé que LFI souhaitait régulariser les étrangers sans papiers qui travaillent, suivent une formation ou ont des enfants scolarisés en France.
« Ceux qui travaillent, ceux qui sont en formation et ceux qui ont des enfants scolarisés», a-t-elle résumé.
Cette proposition pourrait concerner des ressortissants algériens en situation irrégulière répondant aux critères annoncés. Mathilde Panot n’a toutefois présenté aucune mesure particulière pour les Algériens, dont les conditions de circulation, de séjour et de travail en France sont également encadrées par l’accord franco-algérien de 1968.
Pas de régularisation générale annoncée
La présidente du groupe LFI n’a pas promis une régularisation de tous les étrangers en situation irrégulière. Pour les personnes qui ne relèveraient pas des trois catégories retenues, elle assure que la législation continuerait à être appliquée.
LFI veut revoir les accords du Touquet
Mathilde Panot a également abordé la situation des migrants qui cherchent à rejoindre le Royaume-Uni depuis le nord de la France. Elle propose de créer une voie légale permettant de déposer une demande pour traverser la Manche sans recourir aux passeurs et aux embarcations clandestines.
Pour y parvenir, LFI veut renégocier les accords du Touquet. Signé en 2003, ce dispositif permet aux autorités britanniques d’effectuer des contrôles frontaliers sur le territoire français, notamment autour de Calais, tandis que des contrôles français sont organisés au Royaume-Uni.
Selon les opposants à ces accords, ce système contribue à maintenir sur le littoral français des personnes qui souhaitent demander l’asile ou rejoindre leur famille au Royaume-Uni. « Nous voulons qu’il y ait une voie légale pour aller au Royaume-Uni », a déclaré Mathilde Panot.
Le chiffre de 0,44 % doit être précisé
Face aux discours décrivant une France « envahie », Mathilde Panot a affirmé que les nouvelles arrivées représenteraient chaque année 0,44 % de la population française.
Le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 377 000 premiers titres de séjour délivrés en 2025 à des ressortissants de pays tiers. Ce total représente environ 0,55 % de la population, mais il n’inclut pas les citoyens européens et ne correspond pas au solde migratoire. Les étudiants représentent 31 % de ces premiers titres, devant les motifs familiaux et humanitaires.
