Depuis le 1er août 2026, les ressortissants de pays tiers souhaitant étudier en France doivent justifier d’au moins 877,50 euros de ressources par mois. Le nouveau seuil, auparavant fixé à 615 euros, évoluera désormais en fonction du Smic.
Les conditions financières imposées aux étudiants étrangers ont été durcies en France. Le décret n° 2026-526 du 22 juin 2026 relève le montant minimal des ressources nécessaires pour obtenir un titre de séjour pour motif d’études. Publié au Journal officiel le 24 juin, le texte est entré en vigueur le 1er août 2026.
La mesure concerne les ressortissants de pays tiers sollicitant leur admission au séjour en qualité d’étudiant. Elle s’applique également à plusieurs catégories relevant des programmes de mobilité étudiante.
Un seuil fixé à 47 % du Smic brut
Le nouveau dispositif impose de disposer chaque mois d’une somme représentant au moins 47 % du Smic mensuel brut en vigueur au moment du dépôt de la demande.
Depuis le 1er juin 2026, le Smic brut mensuel atteint 1 867,02 euros pour un emploi à temps plein. Le niveau de ressources demandé aux étudiants étrangers s’élève donc actuellement à 877,50 euros par mois, soit environ 10 530 euros sur douze mois. Ce montant est confirmé par les informations publiées sur le site officiel Service-Public.fr.
Par rapport à l’ancien seuil de 615 euros, l’augmentation atteint 262,50 euros par mois, soit près de 43 %.
Une référence jugée trop ancienne
Avant cette réforme, le montant exigé correspondait à l’allocation mensuelle de base versée aux boursiers du gouvernement français. Cette référence, fixée à 615 euros en 2002, n’avait pas été actualisée depuis.
Dans la présentation du décret publié sur Légifrance, le gouvernement français indique que ce seuil ne permettait plus de garantir des « moyens d’existence suffisants » aux étudiants internationaux.
Le texte s’appuie notamment sur les recommandations formulées par la Cour des comptes dans un rapport de mars 2025 consacré à l’attractivité de l’enseignement supérieur français. L’institution avait estimé que l’ancien montant était trop faible et reposait sur un indice insuffisamment évolutif.
Un montant appelé à augmenter avec le Smic
Le principal changement ne concerne pas uniquement la hausse du seuil. Le montant demandé est désormais directement lié au Smic brut applicable le jour où l’étudiant dépose son dossier.
Toute revalorisation du salaire minimum entraînera donc une évolution du niveau de ressources exigé. Les candidats devront vérifier le montant en vigueur au moment de leur demande, et non se fonder durablement sur le seuil actuel de 877,50 euros.
Le gouvernement explique que le taux de 47 % du Smic brut correspond approximativement à 60 % du Smic net. Cette proportion est mise en relation avec la possibilité accordée, dans le régime général, aux étudiants étrangers d’exercer une activité salariée accessoire dans la limite de 60 % de la durée annuelle du travail.
Les étudiants algériens également concernés
Les ressortissants algériens relèvent d’un régime particulier encadré par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Ils reçoivent un certificat de résidence d’un an portant la mention « étudiant » et non une carte de séjour délivrée dans les mêmes conditions que les autres ressortissants étrangers.
Le site officiel de l’administration française indique néanmoins que les étudiants algériens doivent désormais justifier de ressources d’au moins 877,50 euros par mois. Cette information figure dans la page consacrée au certificat de résidence pour Algérien, actualisée le 1er août 2026.
Pour obtenir ce certificat, l’étudiant algérien doit également disposer d’un visa de long séjour et présenter une attestation de préinscription ou d’inscription dans un établissement d’enseignement français.
Le régime applicable aux Algériens reste distinct en matière d’emploi. Selon Service-Public.fr, leur certificat de résidence étudiant permet de travailler au maximum 50 % de la durée annuelle pratiquée dans la branche ou la profession concernée, sous réserve d’obtenir une autorisation de travail.
Les justificatifs acceptés
Les ressources peuvent provenir d’une bourse, d’un compte bancaire suffisamment approvisionné, de virements réguliers ou de revenus professionnels. En cas de prise en charge par un tiers, une attestation sur l’honneur précisant le versement des sommes nécessaires peut être demandée.
Les étudiants boursiers doivent fournir une attestation de l’organisme payeur mentionnant le montant et la durée de la bourse. Des relevés bancaires, attestations de solde, fiches de paie ou preuves de virements peuvent également servir à démontrer que le seuil requis est atteint.
Depuis le 1er août, les demandes sont donc examinées sur la base du nouveau montant. Celui-ci restera directement dépendant du Smic en vigueur au jour du dépôt du dossier.
