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Gaza : après un juillet meurtrier, l’urgence humanitaire reste entière !

Plus de 150 Palestiniens ont été déclarés morts à Gaza en juillet, le bilan mensuel le plus lourd depuis le début de l’année 2026. Malgré le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, les frappes se poursuivent sur un territoire confronté à de graves pénuries alimentaires, sanitaires et matérielles.

Crédit : photo by majdi fathi
Crédit : photo by majdi fathi Crédit photo : photo by majdi fathi

Plus de 150 Palestiniens ont été déclarés morts à Gaza en juillet, le bilan mensuel le plus lourd depuis le début de l’année 2026. Malgré le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, les frappes se poursuivent sur un territoire confronté à de graves pénuries alimentaires, sanitaires et matérielles.

La diminution des combats à grande échelle n’a pas mis fin aux morts à Gaza. Près de dix mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, les habitants de l’enclave continuent de subir des frappes, des déplacements et un accès très limité aux services essentiels.

Mercredi 19 août, au moins dix Palestiniens ont été tués dans deux frappes israéliennes, selon des sources médicales citées par Reuters. Neuf personnes sont mortes dans l’attaque d’un poste de police, tandis qu’une autre a été tuée dans le camp de réfugiés de Nousseirat.

Le ministère de l’Intérieur administré par le Hamas affirme que huit hauts responsables de la police et une adolescente de 13 ans figurent parmi les victimes de la première frappe. L’armée israélienne soutient, de son côté, avoir visé des membres du Hamas opérant depuis le bâtiment et un autre combattant dans le camp de Nousseirat.

Juillet, mois le plus meurtrier de 2026

Le bilan de juillet confirme la fragilité du cessez-le-feu. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 150 morts, dont des dizaines de civils, ont été recensés au cours du mois. Il s’agit du nombre mensuel de décès le plus élevé depuis janvier 2026, d’après les données reprises par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

Entre le 8 et le 15 juillet, les autorités sanitaires ont enregistré 40 morts et 127 blessés. Cinquante-neuf décès et plus de 190 blessés ont ensuite été signalés entre le 15 et le 22 juillet. Trente autres personnes ont été déclarées mortes entre le 22 et le 29 juillet.

Ces bilans comprennent les victimes tuées lors de frappes, les personnes décédées des suites de leurs blessures ainsi que des corps retrouvés sous les décombres. Les Nations unies attribuent ces chiffres au ministère de la Santé placé sous l’autorité de fait du Hamas et précisent que les données les plus récentes n’ont pas toutes fait l’objet d’une vérification indépendante.

Les opérations militaires ont également touché des infrastructures civiles et administratives. Les 13 et 14 juillet, des frappes sur des positions de police dans le nord de Gaza ont fait douze morts, selon l’OCHA. À Al-Mawasi, dans le sud, des abris ont été détruits le 10 juillet, provoquant le déplacement de 78 familles et endommageant les installations de 130 autres.

Un cessez-le-feu régulièrement éprouvé

L’accord du 10 octobre 2025 avait permis de mettre fin aux principales opérations de guerre. Les violences n’ont toutefois pas cessé. Au 12 août 2026, le ministère de la Santé de Gaza faisait état de 1 259 morts et de 4 148 blessés depuis l’annonce de la trêve. Quatre soldats israéliens ont également été tués au cours de cette période, selon l’armée israélienne.

Le début du mois d’août a été marqué par une nouvelle série d’attaques. Plus de 25 Palestiniens ont été tués lors des frappes du premier week-end du mois, selon un bilan relayé par les Nations unies. Les journées des 18 et 19 août ont ensuite fait au moins 17 morts, d’après les sources médicales locales.

Israël affirme que ses opérations visent des membres du Hamas préparant des attaques contre ses forces. Le mouvement palestinien accuse, pour sa part, le gouvernement israélien de violer le cessez-le-feu et d’affaiblir les négociations sur la prochaine phase de l’accord.

Au 20 août, le ministère palestinien de la Santé recensait 73 400 morts et 174 312 blessés dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre. Ce bilan, repris par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, ne distingue pas systématiquement les civils des combattants.

Deux millions de personnes sur un territoire réduit

La pression militaire s’accompagne d’une réduction de l’espace accessible aux habitants. La majorité des 2,1 millions de Gazaouis vivent désormais dans une zone représentant moins de la moitié de la superficie de l’enclave, à l’ouest de la ligne de démarcation établie après le cessez-le-feu.

Les déplacements se poursuivent au rythme des frappes et des modifications des zones interdites d’accès. Dans le nord, des familles ont dû quitter temporairement leurs abris à Beit Lahia et Jabalia au cours de la dernière semaine de juillet. Certaines ont pu revenir après avoir reçu des tentes et du matériel de première nécessité.

Les conditions de vie restent particulièrement difficiles dans les sites de déplacés. Une évaluation humanitaire publiée en juillet indiquait que 60 % de la population était exposée à des eaux usées ou à des déchets humains à moins de dix mètres des abris. Plus de 900 000 personnes vivaient également à proximité d’amas d’ordures.

En juillet, 90 % des habitants interrogés ont déclaré subir des interruptions fréquentes et imprévisibles de l’accès à une eau potable sûre. Cette proportion atteignait 84 % le mois précédent, selon le rapport humanitaire de l’OCHA du 14 août.

Une sécurité alimentaire toujours précaire

L’augmentation de l’aide après le cessez-le-feu a permis une amélioration limitée de la situation alimentaire. Cette évolution reste cependant fragile. Entre la mi-avril et la fin juin, plus de 1,2 million de personnes étaient encore confrontées à une insécurité alimentaire de niveau « crise » ou supérieur, dont 212 000 en situation d’urgence.

Pour la période allant de juillet à décembre, les experts de l’IPC prévoient que 1,4 million de personnes, soit 67 % de la population, pourraient se retrouver en phase de crise ou à un niveau plus grave. La diminution des financements humanitaires et les restrictions pesant sur l’entrée des marchandises risquent d’effacer les progrès obtenus depuis octobre.

La reprise de la production locale reste également compromise. D’après des images satellites analysées par la FAO et l’UNOSAT, seulement 3 % des terres agricoles de Gaza, soit 448 hectares, étaient encore accessibles et cultivables à la mi-août.

« Cette dernière évaluation dresse un tableau sombre de la détérioration continue du secteur agricole de Gaza », a déclaré Rein Paulsen, directeur du Bureau des urgences et de la résilience de la FAO, dans une publication des Nations unies.

Dans le même temps, l’inflation à Gaza atteignait 209 % par rapport à son niveau d’avant octobre 2023. Les entrées de produits commerciaux et humanitaires demeuraient insuffisantes pour répondre à la demande, tandis que Kerem Shalom restait le seul point de passage opérationnel pour les marchandises.

Des soins sous tension

Les structures médicales fonctionnent avec des stocks réduits. L’insuline, les fournitures nécessaires à la dialyse, le matériel de cardiologie et plusieurs équipements de diagnostic figurent parmi les produits signalés en quantité insuffisante.

Début août, une frappe près de l’hôpital Al-Aqsa, à Deir Al-Balah, a endommagé un entrepôt et détruit du matériel médical, dont des fournitures récemment livrées par l’Organisation mondiale de la Santé.

L’OMS avait recensé 45 incidents affectant les soins dans la bande de Gaza depuis le début de 2026. La plupart concernaient les transports sanitaires, les évacuations médicales et les déplacements des patients ou de leurs accompagnateurs, parfois retardés, fouillés ou interrompus.

Les négociations restent bloquées

La relance du processus politique se heurte toujours au désaccord entre Israël et le Hamas sur l’ordre des engagements. Le plan soutenu par les États-Unis prévoit un désarmement progressif du Hamas, accompagné d’un retrait par étapes de l’armée israélienne.

Le Hamas a accepté une feuille de route reposant sur ce principe. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, refuse toutefois un retrait avant le désarmement complet du mouvement. La visite régionale de l’émissaire américain Jared Kushner n’a pas permis de rapprocher les positions.

Washington a engagé plus de 206 millions de dollars pour préparer une force internationale de stabilisation destinée à Gaza, mais son déploiement reste lié à l’application d’un plan politique encore bloqué, selon Reuters.

Le Qatar et la Turquie ont conjointement condamné, ce jeudi 20 août, l’Égypte, les dernières frappes israéliennes. Les trois pays médiateurs ont demandé à Israël de respecter ses obligations et averti que la poursuite des attaques menaçait les efforts diplomatiques en cours.